UN-Globe, une association LGBTQ+ au sein de l’ONU

NATIONS UNIES & ARC-EN-CIEL

Michel Joanny-Furtin
Commentaires
GBTQ+ de l’ONU appelée UN-Globe United Nations

«Lutter pour l'égalité et la non-discrimination du personnel LGBTI dans le système des Nations Unies et ses opérations de maintien de la paix», voilà la mission de l’association de fonctionnaires internationaux LGBTQ+ de l’ONU appelée UN-Globe United Nations. Entrevue avec Gurchaten Sandhu, l’un de ses deux vice-présidents.

Indo-britannique installé à Genève, Gurchaten Sandhu travaille à l’Organisation Internationale du Travail, une des nombreuses agences de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) à travers le monde.
 
Fondée il y a 22 ans (1996), UN-Globe compte un bureau exécutif de cinq membres, présidé par Hyung Hak Nam. Gurchaten partage la vice-présidence avec Sonya Donnelly. Le réseau associatif se compose de 21 coordonnateurs sur les lieux d’affectations et 29 coordonnateurs dans les différentes orga-nisations onusiennes autour de la planète. Enfin, 4 membres sont en charge des communications, du cadre légal, de la question transgenre, et des activités sociales.
 
«Le système des Nations Unies change rarement du jour au lendemain» commente le vice-président. «Ce qui est important pour UN-Globe, c'est de commencer par changer la conversation pour ouvrir l’esprit des gens, leur montrer un problème là où ils pensaient qu'il n'y en avait pas. Nous proposons ainsi une formation des employé.es des Nations Unies pour mettre en place une information accueillante et bienveillante à propos des personnes LGBTI parmi les bénéficiaires de l’ONU.»
 
Certes, UN-Globe veille à la mise en place des droits égaux entre les membres du personnel onusien (congé parental, retraite, reconnaissance des conjoint.es, etc.), mais l’association formule aussi des propositions pour des lieux de travail inclusifs pour les membres du personnel transgenres et intersexués.
 
onu
 
Une action interne… internationale
«Notre structure veille à l’avancement des droits LGBTI dans tout le système de l’ONU», explique Gurchaten Sandhu. «En même temps, on travaille pour sensibiliser les gens, les chefs de services, les affectateurs et le personnel nouveau aux conditions de travail des personnes LGBTI, mais aussi sur les politiques de ressources humaines dans le réseau de l’ONU autour de la planète», affirme-t-il. «Quand nous aurons fait comprendre aux administrateurs que nos politiques visent principalement l'hétérosexualité et pas assez la diversité, nous aurons fait un grand pas en avant…»
 
UN-Globe veille à ce que toutes les personnes LGBTI travaillant sous l’égide des Nations Unies puissent rester mobiles. Dans ce sens, l’association demande à l’ONU d’être vigilant quant aux affectations des employé.es LGBTI, et de reconnaitre que certains lieux d'affectation deviennent difficiles pour le personnel LGBTI, où il fait face à l'homophobie et à la transphobie.
 
«C’est plus difficile, mais là-bas nous avons des membres coordonnateurs pour aider les personnes LGBTI dans ces pays», développe le V.-P. Sandhu. «Toutefois, nous ne pouvons aider les gens que dans les limites du droit de leur pays. Par notre statut, nous ne pouvons apporter notre aide qu’aux membres du personnel des Nations Unies dans les différentes commissions onusiennes et cela dans les limites de la sécurité et de la confidentialité au travail», rappelle-t-il. «Cela se fait donc au cas par cas. On n’intervient pas si la personne ne le veut pas. Mais si un danger dans le pays d’affectation se présente, on peut travailler avec son chef de service pour la transférer dans une autre structure.»
 
«Notre objectif, c’est de former tous les employé.es des Nations Unies aux questions LGBTI. UN-Globe procède par ailleurs à un sondage auprès de tout le staff onusien à propos de la place des personnes LGBTI au sein des différentes agences», ajoute Gurchaten Sandhu avant de conclure: «Nous travaillons également à la mise en place d’une ligne directrice pour rendre le genre non conforme plus inclusif au sein de l’organisation».