Du 17 au 27 octobre

Katleen Fortin est Germaine Lauzon dans Belles-Soeurs

Denis-Daniel Boullé
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Katleen Fortin est Germaine Lauzon dans Belles-Soeurs

Le théâtre-musical Belles-Sœurs arrive à Montréal précédé de l’immense succès qu’il a rencontré cet été en tournée au Québec. La deu-xième production, tout comme la première en 2010, a conquis tous les publics, des plus jeunes aux plus vieux. Belles-Sœurs est déjà répertorié comme un des grands classiques du répertoire québécois. Comme la pièce à sa création en 1968, 15 femmes se retrouvent sur scène pour nous conter un moment particulier dans la vie de Germaine Lauzon qui vient de gagner un million de timbres… à coller.

Kathleen Fortin était de la première distribution des Belles-Sœurs, dans le rôle de Des-Neiges Verrette. Dans la nouvelle distribution, elle est Germaine Lauzon qu’elle refuse de considérer comme le rôle principal. «Bien sûr, tout tourne autour de Germaine Lauzon, celle qui dans sa cuisine reçoit des femmes de sa famille et des amies pour l’aider à coller des timbres, mais d’autres personnages de femmes sont aussi importantes que celui de Germaine Lauzon», nous confie Katleen Fortin en entrevue.
 
L’œuvre de Tremblay, Katleen Fortin la connaît bien. Elle a été aussi de la distribution de Demain matin, Montréal m’attend, sur un livret de Michel Tremblay et mis en musique par François Dompierre. «Toutes les comédiennes rêvent un moment donné dans leur carrière d’interpréter un des personnages de Michel Tremblay, parce que les femmes chez Tremblay sont touchantes, vraies, profondes et complexes», continue la comédienne chanteuse qui ne fait aucune distinction entre ces deux casquettes. «Pour moi, il s’agit d’une même démarche artistique, du même plaisir ressenti, et quand les deux peuvent s’allier, c’est merveilleux».
 
Contrairement à une idée reçue, Kathleen Fortin n’a pas une formation de musicienne ou de chanteuse. «J’ai fait l’école nationale de théâtre du Canada, donc pour être en fait seulement comédienne, avance Kathleen Fortin, et puis j’ai eu la chance d’avoir des rôles où l’on me demandait de chanter. Et comme j’adore chanter, et que je chante depuis que je suis toute petite, je n’ai pas trouvé cela étrange». En fait, entre sa présence scénique forte et sa voix chaude et enveloppante, Kathleen Fortin a tous les atouts pour conquérir le public. Une des raisons qui pousse surement des metteurs en scène à la choisir pour des rôles chantés.
 
De 2010 à 2013, elle a été des Belles-Sœurs première mouture, et celle qui adore les tournées en garde un excellent souvenir. «Nous étions 15 femmes de toutes les générations, de Janine Sutto, la doyenne à des comédiennes qui avaient à peine 18 ans, c’était merveilleux de partager ses instants forts, où l’on est proche les unes des autres. C’est intense et merveilleux. Je suis toujours prête pour partir en tournée», finit-elle dans un éclat de rire.
 
Si elle est ravie de tenir le rôle de Germaine Lauzon, elle sent une proximité avec les 14 autres femmes sur scène: «Je pourrais avec autant de plaisir interpréter le rôle de chacune des femmes sur scène. Et puis, il n’y a pas réellement de premier rôle dans cette adaptation en chanson, le personnage principal si l’on devait le résumer ainsi, ce sont ces 15 femmes, différentes, certes mais qui évoquent leur vie, leurs difficultés au quotidien, leurs rêves et leurs espoirs. Pour moi, chaque voix est aussi importante que l’autre», explique Kathleen Fortin.
 
Et la raison du succès tient autant pour la comédienne-chanteuse de l’évocation d’une époque québécoise que par les thèmes abordés qui sont encore de nos jours pertinents. «Bien sûr, ces femmes nous rappellent, une grand-mère, une tante, une cousine que nous avons tous connus dans les familles québécoises, mais leurs préoccupations, leurs désirs d’échapper aussi à leurs conditions rejoignent ceux de nombreuses femmes partout dans le monde et encore au Québec aujourd’hui, c’est pour cela que tout le monde est touché par cette œuvre», conclut-elle.
 
Il faut aussi ajouter la patte de Michel Tremblay qui a su donner une voix à des femmes qui, à l’époque, n’en avaient pas. D’un milieu populaire et pauvre, le dramaturge leur a rendu une dignité, une humanité qui nous les rend totalement attachantes. 
 
Belles-Sœurs: théâtre musical, Du 17 au 27 octobre 2018
Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts placedesarts.com