35e anniversaire de Physotech

Des pionniers du Village devenus experts en «Manscaping»!

André-Constantin Passiour
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Physiothèque

Le 10 septembre 1983, Physotech ouvrait ses portes dans un local sur Jean-Talon à l’angle de Lacordaire. Réal Veilleux et Pierre Lacroix en sont les cofondateurs et actuels propriétaires. À l’époque, ils n’offraient que le service d’électrostimulation, chose qui n’existait pas à Montréal. Évidemment, bien de l’eau a coulé sous le pont depuis ce temps-là et, aujourd’hui, Physotech propose toute une gamme de soins et de services esthétiques «au masculin» allant de l’épilation au laser et le barbier en passant par les soins esthétiques ou encore la massothérapie ou le XBody.

En janvier dernier, Physotech déménageait dans le 5e local de son histoire, sur René-Lévesque au coin d’Amherst. Un lieu au look résolument moderne, à la fois «clinique» et industriel. Avec ses teintes de gris, de blanc avec des touches de rouge, Physotech possède un cachet design… Le côté industriel se révèle par le béton laissé parfois à son état brut alors que le plancher, quant à lui, a été traité à l’époxy pour un effet lustré… «Ce sera peut-être notre dernier local, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve», dit en rigolant Pierre Lacroix.
 
Originaires de Sherbrooke, Pierre Lacroix et Réal Veilleux vivaient en Floride lorsqu’ils ont décidé de revenir à Montréal pour ouvrir Physotech. «On a vu BodyTech, à Miami, qui avait l’électrostimulation pour hommes. Cela nous a donné l’idée de retourner à Montréal pour créer ce concept-là, poursuit Pierre Lacroix. Réal travaillait en comptabilité et moi en restauration à ce moment-là. À l’époque, au début des années 1980, les gars buvaient de la bière et portaient des chemises à carreaux, ils ne se mettaient pas de la crème dans la face.» «Il y a 35 ans, ce qu’on offrait était innovateur pour la communauté gaie», renchérit Réal Veilleux. «Nous avions un local très simple, avec des cloisons comme à l’Assurance chômage! Mais la clientèle était là, elle était nombreuse, elle venait principalement du centre-ville. Puis nous avons déménagé dans l’édifice de l’Olympia. C’étaient les débuts du Village. Il y avait déjà Priape et le Boîte en Haut d’Yvon Jussaume. Puis quelques nouveaux bars comme le Max et le K.O.X. qui venaient tout juste d’ouvrir. Nous étions parmi les premiers à nous installer dans ce qui allait devenir le Village gai!», continue Pierre Lacroix.
 
Comme on peut bien se l’imaginer, en 35 ans, il y a eu bien des défis. Bien sûr, il y a eu les déménagements et les ajouts de services pour suivre les tendances en soins pour hommes. « il y a eu malheureusement l’épidémie du sida qui nous a frappés très fort, souligne Réal Veilleux. En 1989, lorsque nous avons déménagé sur Amherst, ça tombait comme des mouches. Notre clientèle a été véritablement décimée. On a perdu beaucoup d’amis et de clients. C’était un moment terrible et pénible à vivre. Comme si cela n’était pas suffisant, on a vécu récession par-dessus récession. Ce furent des années très difficiles. On a réussi à traverser tout cela et puis la crise du verglas est arrivée à l’hiver 1998! En même temps, les loyers des locaux devenaient de plus en plus chers sans compter les taxes municipales, d’affaires et nouvelles cotisations qui semblaient souvent exagérées pour de petits commerçants comme nous.»
 
«Juste avant qu’on intègre notre autre local près de Maisonneuve, la rue Amherst et plus particulièrement notre segment de rue a connu d’importants travaux de réfection d’aqueducs. Il a fallu beaucoup, beaucoup de patience et cela rebutait des clients de venir jusqu’à Physotech et d’être pris dans le trafic. Par la suite, avec l’implantation de la SDC du Village, on s’attendait à avoir une meilleure intégration urbaine et une plus grande diversité sur la rue Amherst. Mais au contraire il y a eu une plus grande concentration de commerces en soins ce qui a créé une compétition un peu malsaine […]», souligne Réal Veilleux.
 
«Mais, bien sûr, à travers tout cela, il y a eu une évolution des mentalités chez les hommes et Physotech avait un rôle d’éducateur, souligne Pierre Lacroix, esthéticien de métier. Il y a eu une ouverture à prendre plus soin de sa peau et de son corps. On s’est ajusté aussi à la technologie et à ce que cela nous permettait de faire… On a innové avec le temps et on a ajouté des soins qu’on n’avait pas auparavant. C’est pourquoi aujourd’hui, Physotech offre toute une panoplie de services dont le XBody, le photorajeunissement au laser, et le manscaping qui comprend l’épilation au laser ou à la cire et le body trimming. On parle maintenant de mansaping parce que ce sont des soins destinés aux hommes tout comme on dit barbier au lieu de coiffure», rajoute Réal Veilleux.
 
Niché donc depuis quelques mois sur René-Lévesque, au carrefour du Village, du centre-ville et du Vieux-Montréal, Physotech a vu sa clientèle augmenter de 20%. «Nous avons des clients d’un peu partout. Nous nous sommes aperçus aussi que notre site web n’a jamais été aussi consulté que maintenant. De plus, au fil des ans, nous avons réussi à séduire une clientèle d’hommes hétérosexuels, ou plus précisément les métrosexuels, souvent plus jeunes et qui résident dans le secteur. «Pour un salon d’esthétique pour hommes, on a une belle signature ici sur René-Lévesque, dit Pierre Lacroix. Avec le développement des terrains de Radio-Canada et la construction d’autres habitations vers le Vieux-Montréal et le prolongement de la rue Amherst, cela va attirer une nouvelle clientèle d’hommes que nous n’avions pas auparavant», de poursuivre Réal Veilleux.
 
«Mais le grand secret de Physotech, c’est le respect! Le respect envers tout le monde, envers les clients et la confiance qui s’est établie avec eux. C’est ça le secret de Physotech et qui a fait que nous avons perduré à travers plus de trois décennies», de dire presque philosophiquement Pierre Lacroix. 
 
PHYSOTECH  1070, boul. René-Lévesque Est, Montréal.
T. 514 527-7587 ou physotech.com