Brésil / Présidentielle

Le candidat homophobe largement en tête au 1er tour

L'agence AFP
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Le candidat d'extrême droite - connu pour ses prise de positions  homophobes - Jair Bolsonaro s'est qualifié dimanche pour le deuxième tour de la présidentielle au Brésil 

Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro s’est qualifié facilement dimanche pour le deuxième tour de la présidentielle au Brésil sur un gros score, mais il se retrouvera face à la gauche dans un duel à l’issue incertaine.

Avant que ne tombent les résultats le situant à 46,06% avec 99,99% des urnes dépouillées, loin devant Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT) à 29,24%, Bolsonaro a évoqué des "problèmes avec les urnes électroniques".

Si ses partisans ont protesté devant le TSE à Brasilia aux cris de "fraude, fraude!", l’ex-capitaine de l’armée n’est pas allé jusque-là. "Nous devons rester mobilisés. Il reste trois semaines avant le second tour", a-t-il dit.

Dans le clan de Haddad, 55 ans, le soulagement dominait de voir le candidat du PT qualifié pour le 2e tour. Il est parti de loin puisqu’il n’a commencé à faire campagne que quatre semaines avant le scrutin, l’ex-président Lula, emprisonné pour corruption et inéligible, ne s’étant désisté qu’au dernier moment.

"Nous voulons unir les démocrates de ce pays, a déclaré Haddad. Nous voulons un grand projet pour le Brésil, profondément démocratique, qui recherche inlassablement la justice sociale".

Le duel Bolsonaro-Haddad s’annonce très incertain et bien des choses peuvent se passer d’ici au 28 octobre, dans une campagne qui a déjà réservé d’énormes surprises entre la disqualification de l’ex-président Lula emprisonné pour corruption et l’attentat qui a failli coûter la vie à Jair Bolsonaro le 6 septembre.

Pour Fernando Meireiles, politologue à l’Université fédérale de Minas Gerais, "la possibilité que Bolsonaro gagne paraît la plus forte actuellement". "Il me semble difficile que Haddad l’emporte, mais ce n’est pas impossible, il a encore une chance raisonnable", dit-il toutefois.

Les alliances que va tenter de nouer chacun des deux camps dès lundi - à commencer vers le centre - seront déterminantes, de même que les impairs que pourraient commettre l’un ou l’autre.

Interrogé dimanche soir sur ses intentions, Ciro Gomes, du PDT de centre gauche, arrivé 3e avec 12,5% des voix, s’est borné à dire qu’il continuerait de "lutter pour la démocratie et contre le fascisme".