Carpe Diem par la Nef, le 20 novembre

L’espérance de l’humain par la musique

Denis-Daniel Boullé
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l’espérance de l’humain par la musiqu
Photo prise par © Sébastien Ventura

La musique baroque, médiévale ou encore dite païenne connaît depuis longtemps un renouveau. Et elle touche de plus en plus un public plus large que les simples initiés. L’ensemble La Nef excelle dans la présentation de ce registre musical ancien, mais aussi dans sa capacité à la relier avec la musique contemporaine. Avec Carpe Diem, c’est presque 2000 ans de musique que revisite l’ensemble musical La Nef.. 

L’idée est venue du directeur musical, Jean-François Daignault, qui souhaitait sortir des musiques sacrées souvent reprises quand il est question des musiques médiévales et baroques. Rejoint.es au téléphone, Jean-François Daignault et la directrice artistique du projet, Dorothéa Ventura, parlent de leur passion pour la musique ancienne mais aussi de leur désir de faire se rencontrer à travers le temps les différents styles. «La plus vieille pièce vocale que nous avons trouvée est anonyme et date du 1er ou 2e siècle avant JC, et s’appelle L’Épitaphe de Seikilos. Cette pièce très courte dit en substance ceci: Tant que tu vis, brille / Ne t'afflige absolument de rien / La vie ne dure guère / Le temps exige son tribut. Cette pièce résume pour nous ce que nous voulons présenter et illustre parfaitement le titre Carpe Diem», explique Jean-François Daignault.
 
L’ensemble La Nef parcourra ainsi les siècles jusqu’à reprendre une chanson et un texte de Claude Nougaro, mêlant les pièces vocales et instrumentales, mais aussi des textes récités. Des compositeurs, Charpentier, Debussy, et des auteurs mis en musique comme Ronsard ou Lafontaine avec La cigale et la fourmi. Bien sûr, la cigale étant plus proche du Carpe Diem que la fourmi, qui, c’est bien connu, n’est pas prêteuse. «Nous adorons la musique sacrée, nous continuons à en jouer, mais pour moi, le message ne me parle pas. Étant athée, je ne me retrouve pas dans les paroles. D’où l’idée de présenter un programme de musique plus profane, et nous avons construit nos choix autour de l’idée, que certes nous allons mourir, que nous ne savons pas ce qui nous attend, alors essayons de profiter le plus du moment présent, donc une musique avec un message plus philosophique que religieux», continue Jean-François Daignault, intarissable quand il s’agit d’expliquer comment cette musique et ces paroles le touchent doublement parce que le message lui va directement au cœur et à l’âme.
 
Fort de ce choix, Dorothéa et Jean-François ont établi trois sous-thèmes pour ce voyage à travers le temps mais aussi l’espace puisque sont convoqués des musiciens d’autres pays que la France. «La première partie est une évocation du temps qui passe, la seconde partie, nous l’appelons Memento Mori (Souviens-toi que tu vas mourir) et ce qui amène tout naturellement la troisième partie Carpe Diem», avance Dorothéa Ventura. Avec ce répertoire qui couvre 20 siècles, les deux directeurs souhaitent créer des échos entre les époques et toucher le public par la grande diversité de composition aussi bien musicale que poétique sur des thèmes qui nous rejoignent tous. Loin d’être un programme grave et triste, tout au contraire, ce sont de petits hymnes à l’urgence de vivre et à l’espérance que l’ensemble La Nef nous transmettra. 
 

CARPE DIEM, le 20 novembre à 20h, salle Bourgie
www.mbam.qc.ca