23 novembre - 1er décembre

Normal Desires : Émile Pineault seul en scène

Denis-Daniel Boullé
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emile pineault
Photo prise par © Romain Huck

Artiste de cirque, Émile Pineault s’est intéressé à la danse depuis son enfance. Pour lui, l’acrobatie et le mouvement relèvent d’une même passion qui a commencé à l’âge de… 4 ans. Comme quoi, les révélations peuvent venir très tôt.

Après s’être formé comme circassien et comme danseur, Émile Pineault a choisi de laisser libre cours à sa créativité avec ce premier solo : Normal Desires dans le cadre de «Traces- Interprètes» de Danse-Cité. Émile Pineault a hâte de présenter son solo à Montréal. Une création mûrement réfléchie et qui a pris du temps. « Dans cette création, sur laquelle je travaille depuis deux ans, explique Émile Pineault, je souhaite tisser des liens entre l’acrobatie et la danse, en proposant une expérience sensorielle du mouvement ». Il intègre l’École de cirque de Québec, et s’initie à la danse contemporaine au début de l’adolescence en étant un fervent spectateur à la Rotonde de Québec. 
 
Avec Normal Desires, le créateur privilégie l’horizontalité. «Généralement, en cirque, on privilégie la verticalité, l’élévation, moi j’ai privilégié l’horizontalité, la relation du corps avec le sol, et ce qui pouvait s’exprimer par cette relation. Cette idée m’est venue suite à une blessure au genou, me demandant pendant un certain temps de repenser le mouvement, continue Émile Pineault, et donc de rechercher un nouveau vocabulaire. Tout comme je voulais intégrer plusieurs médiums, comme l’éclairage, le son, qui sont aussi importants pour moi que ma performance ». Seul en scène, sur un plateau vide seulement traversé par des effets lumineux et sonores, Émile Pineault semble ramené toujours vers le sol, rattrapé par la gravité et contre laquelle il doit lutter. L’interprète doit résister, s’extraire de la pesanteur qui le cloue au sol, l’obligeant à répéter les mêmes mouvements. Il y dévoile toute sa fragilité, sa vulnérabilité, mais en même temps déploie toute la force et l’énergie pour résister et déjouer, voire s’adapter à cette condition. Un autre regard sur nous-mêmes est ainsi porté à partir du corps à terre. 
 
«Même si c’est moi qui portait le projet, j’ai accordé beaucoup de place aux collaborations pour aboutir à un résultat qui nous a agréablement surpris», confie Émile Pineault. Ainsi le son (Joël Lavoie, conception son), la lumière (Julien Brun, conception des éclairages) et le mouvement sont intimement reliés, construits comme une partition, deux instruments jouant ensemble.  Actuellement Émile Pineault travaille sur un autre projet qui n’est pas le sien mais qui lui tient à cœur puisqu’il fait aussi appel à des acrobates et à des danseur.ses, tout comme il souhaite pouvoir tourner avec Normal Desires. Le désir de porter plus loin ses propres créations est bien là. Le créateur est loin d’avoir fait son dernier saut. 
 
Normal Desires  dans le cadre de Danse-Cité-Traces 
interpètes, à la Chapelle Scènes contemporaines,
du 23 au 30 novembre et le 1er décembre. www.danse-cite.org