Come from away

La comédie musicale qui mérite un voyage à Toronto

Samuel Larochelle
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Come from away

Profondément touchante et follement divertissante, la comédie musicale Come from away vous redonnera foi en l’humanité et vous rendra, peut-être, fier d’être Canadien. Récompensée du prestigieux Tony Award de la meilleure mise en scène en 2017, la production est seulement la cinquième de l’histoire à se rendre jusqu’aux grandes scènes de Broadway. En pleine tournée nord-américaine depuis le début octobre, le spectacle est présenté dans la Ville Reine jusqu’en avril 2019.

Les auteurs Irene Sankoff et David Hein ont trouvé un angle peu exploité à propos du 11 septembre 2001 en relatant la situation inattendue dans laquelle les habitants de la petite ville de Gander, à Terre-Neuve, ont été plongés, lorsque 38 avions ont été déviés chez eux, en raison des tragiques attentats survenus à New York. Peu à peu, 7000 passagers – et quelques animaux – ont débarqué au Canada, tenus à distance de l’horreur, coincés dans cette petite localité insulaire du nord-ouest. Sans hésiter, les résidents ont organisé tout ce qu’il fallait pour les loger, les nourrir, leur fournir des vêtements propres et un moyen de communiquer avec leurs proches un peu partout sur la planète.
 
Plusieurs critiques ont écrit que la comédie musicale, qui sera bientôt adaptée pour le grand écran, fait une démonstration éclatante de l’hospita-lité et de la gentillesse canadiennes. On serait bien mal placé pour les contredire! Dès les premières secondes du spectacle, on est ému de voir les locaux remuer ciel et terre pour accueillir ces milliers d’âmes, les sécuriser, les soutenir, les divertir et, peu à peu, former des liens avec eux, dans l’adversité. Hommage à la puissance de la communauté, à l’amitié et à l’amour, l’œuvre invite également les spectateurs à suivre le parcours intérieur des passagers et des résidents qui, en raison d’un événement exceptionnel qui les a coupés de leur quotidien ou qui les a obligés à s’oublier pendant des jours, seront forcés de réfléchir à leur vie. Les réflexions sont subtilement amenées. Les blagues, nombreuses et nécessaires, font mouche à tout coup. Les chansons, qui n’ont pas le pouvoir nostalgique de certaines comédies musicales comme Mamma Mia, The Lion King, Sister Act, Fame, Hairspray ou Mary Poppins, soutiennent l’histoire de façon parfaitement équilibrée.
 
Il faut le dire: tout de cette production est brillamment pensé et exécuté. Le décor – quelques troncs d’arbres, des chaises et des tables – est d’une désarmante simplicité, laissant toute la place à l’ingéniosité de la mise en scène. D’un tableau à l’autre, les comédiens/chanteurs (tous polyvalents, charmants, drôles, émouvants et brûlants de vérité) deviennent les passagers ou les résidents, dans une chorégraphie parfaitement calibrée. Changeant de personnage avec un accessoire, un accent, une dégaine ou une voix différente, ils nous entraînent dans un tourbillon de beau et de grandiose. Come from away est une histoire vraie. Une ode à l’humanité. Et la nouvelle raison de prévoir un séjour à Toronto.