Homophobie et religion

L’église Nouvelle Vie nie offrir des «thérapies de reconversion», mais

L'équipe de rédaction
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À la suite d’un reportage de TVA alléguant qu’elle donne des thérapies de réorientation sexuelle, L’église Nouvelle Vie affirme que c’est faux.

Dans un reportage  diffusé le 3 novembre dernier sur les ondes de TVA, un infiltrateur a payé 200$ pour deux rendez-vous avec la psychothérapeute George-Marie Craan, dans les locaux de l’église Nouvelle Vie située à Longueuil.

Ignorant qu’elle était filmée par une caméra cachée, la psychothérapeute a laissé savoir qu’il est possible de «désapprendre» son attirance pour les hommes et de se «reprogrammer». 

Selon l’avocate de l’organisme religieux, les rencontres se sont faites dans le cadre de la pratique privée de Mme Craan. En d’autres mots, elle soutient que l’église n’est pas derrière cette initiative. Le pasteur adjoint à l’église Nouvelle Vie, Jocelyn Olivier, affirme qu’après ce cas spécifique, l’utilisation des locaux «sera gérée à l’interne», sans donner plus de détails.

Ce dernier a accepté de parler au journal local Le Courrier du Sud,au nom des deux établissements de cette église, où «des thérapies de conversion ne sont absolument pas offertes», dit-il.

TVA s’est retrouvé à l’église Nouvelle Vie après avoir été référé par Canada Journey, un organisme qui affirme sur son site Web vouloir aider les gens à vivre leur vie à travers leurs relations, leur sexualité et leur identité avec l’aide de Dieu.

«Nous sommes une grosse église et nous faisons de l’accompagnement dans une démarche chrétienne et biblique», s’est contenté d’expliquer le pasteur-adjoint Jocelyn Olivier lorsque questionné sur les raisons de cette référence. Il ajoute que Nouvelle Vie, qui existe depuis 25 ans, «n’a jamais cautionné l’intimidation et l’homophobie. On déploie toute notre énergie à défendre la justice sociale et humanitaire».

Très peu de données

Au Canada et au Québec, on retrouve très peu de données nous permettant de cerner l’ampleur des thérapies de réorientation sexuelle. Mais chez nos voisins du sud, une étude récente de l’Institut de recherche Williams révèle que près de 700 000 Américains – dont 350 000 mineurs – auraient vécu une forme de thérapie de conversion.

Ces statistiques sont particulièrement perturbantes pour le militant américain Alan Chambers. D’une part, parce qu’il a été témoin des torts causés par la thérapie de conversion, mais surtout parce qu’il cherche à se racheter : dans une autre vie, Alan Chambers a aidé à populariser la thérapie de conversion à la tête d’Exodus International, la plus grande organisation de réorientation sexuelle au monde.

Il a quitté son poste en 2013 pour devenir l’un des plus ardents détracteurs de la pratique.