image+nation 31 - 22 novembre - 2 décembre

The Happy Prince : Brillant et inventif à l’image de son sujet

Yves Lafontaine
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L’acteur britannique Rupert Everett, qui fait partie intégrante de notre culture cinématographique et pour lequel on a de l’affection, réalise son premier long métrage The Happy Prince, en s’attaquant à la fin de la vie de Oscar Wilde.

On peut dire qu’il a pris un risque, car il n’est pas le premier à raconter la vie du brillant écrivain dramaturge. Dans ce film, ce sont les trois dernières années de sa vie qui intéressent le réalisateur, qui dit avoir été « fasciné par la chute qui a suivi son état de grâce ». Il sait que beaucoup de films ont été tournés sur l’écrivain, mais qu’ils se terminent là où le sien commence. On n’oublie pas que Oscar Wilde a été condamné à deux ans de travaux forcés pour grave immoralité, soit son homosexualité. C’est un homme qui a clairement connu l’humiliation publique, que montre parfaitement le réalisateur, tout en mettant en avant la façon dont il s’est débrouillé avec tout ça, sans se comporter comme une victime, mais comme un homme délicieux plein d’humour et d’ironie. C’est un homme qui n’a plus rien à perdre, puisqu’il a déjà tout perdu et qu’il passe son temps non pas à vivre, mais à survivre. 

The Happy Princereflète une grande admiration du réalisateur pour l’écrivain, véritable figure christique, dont la mort a permis de parler de l’homosexualité. Et le film est brillant, inventif et magnifiquement interprété par Rupert Everett avec beaucoup de vérité, de talent et de poésie. L’acteur réussi la prouesse de disparaitre derrière son personnage d’homme au corps lourd, au visage rongé par l’alcool et la prison, qui se fâche autant qu’il livre ses sentiments de façon touchante et pleure facilement, obsédé par la mort. 

La narration du film n’est pas linéaire et est dynamique, alternant les différents moments de sa vie entre sa sortie de prison et sa mort. Entouré par des amis sûrs et fidèles, il a l’interdiction absolue d’entrer en contact avec ses deux fils, qu’il ne reverra jamais, source de grande tristesse. Rien ne nous est épargné de la déchéance de cet homme d’esprit, depuis son changement de nom en Sébastien Melmoth pour échapper un temps à l’opprobre publique, aux retrouvailles avec son grand amour Bosie - celui par qui le scandale est pourtant arrivé. 

On remercie Rupert Everett d’avoir persévéré pour monter son projet, d’en avoir fait « une question de vie ou de mort » et de nous avoir offert The Happy Prince,  film émouvant d’une grande finesse et d’une grande beauté, à l’image de celui dont il évoque les derniers moments.  

 

THE HAPPY PRINCE sera présenté au Cinéma Alexandre de Sève de Université Concordia, le samedi 1er décembre, à 21h, dans le cadre du festival Image+nation, qui se tient du 22 novembre au 2 décembre

 

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