Campagne de financement de la Maison Plein Cœur

Maintenons (toujours) le rythme

André-Constantin Passiour
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Campagne de financement

Le 1er  décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, la Maison Plein Cœur ouvre ses portes au public pour une soirée festive ainsi que pour recueillir des fonds si vitaux aux opérations de cet organisme fondé en 1991. 

Après la vigile au parc de l’Espoir (à l’angle de Sainte-Catherine et Panet), à 17h30, il y aura une soirée de 18h à 21h en présence des porte-parole de la nouvelle campagne de financement de la Maison Plein Cœur. Cette activité sera la première de plusieurs autres événements destinés à amasser des fonds qui deviennent cruciaux à la survie du programme de la Maison.
 
En 2017, le budget total de la Maison Plein Cœur était de 570 000$. Cette année, ce chiffre est passé à 456 000$ puisque les coupes du gouvernement fédéral sont    entrées en vigueur et que l’institution de la rue Dorion a perdu la subvention de 100 000$ qui lui était accordée. L’an dernier, la campagne de financement avait récolté environ 22 000$. On espère donc atteindre et même dépasser ce montant qui, comme on le voit, compte maintenant plus que jamais. «L’été dernier, on a déjà réduit notre horaire de cinq à quatre jours par semaine, ce qui signifie qu’on réduit aussi les heures du personnel. On a quand même un coussin et on ne risque pas de fermer dans six mois, mais il nous faut rester réaliste, nous sommes dans une situation où, d’année en année, il nous faut trouver un montant de 100 000$ pour compenser la perte du fédéral. Notre base, c’est la communauté LGBT, mais on dessert aussi d’autres populations, comme les communautés immigrantes, donc c’est important, dans notre recherche de financement, de se diriger aussi vers ces communautés», de dire Chris Lau, le directeur général de la Maison Plein Cœur.
 
«Nous gardons le même objectif que l’an passé, soit de récolter 20 000$. Nous entreprenons une grosse, grosse campagne de financement qui inclura des clips vidéos sur les réseaux sociaux avec des porte-parole. Le défi sera de faire connaître la Maison Plein Cœur aux hommes gais, mais de moins de 50 ans. On œuvre énormément auprès de ces hommes, mais les autres ne nous connaissent pas. La Maison a développé aussi une grande expertise auprès des femmes immigrantes et surtout haïtiennes, donc on va orienter notre campagne en fonction de ces populations», d’expliquer l’ex-journaliste de Radio-Canada et auteur Denis-Martin Chabot qui est le nouveau coordonnateur du développement de la Maison Plein Cœur. 
«Maintenons (toujours) le rythme» est la thématique de la campagne de 2018.
 
Cette année, on a donc choisi de faire une campagne de financement avec cinq porte-parole de divers horizons pour sensibiliser les populations et les inciter à donner généreusement. On a donc fait appel à Richard Abel, le musicien pianiste reconnu internationalement ; Judith Lussier, une blogueuse, journaliste, qui est ouvertement lesbienne, et «qui s’adresse aux milléniaux en règle générale», précise Denis Martin Chabot ; Anna Beaupré Moulounda, comédienne et humoriste de Rouyn-Noranda, elle a œuvré à Canal Vie et auprès des communautés immigrantes et, donc, elle pourra aisément faire le lien avec ces collectivités ; Rita Baga, la drag bien connu du Village, «surtout pour nous faire rigoler, mais aussi parce qu’elle est très touchée par les personnes qui vivent avec le VIH», renchérit M. Chabot ; et enfin Jordan Arseneault, un porte-parole ouvertement séropositif.
 
«Tout cela vient du fait que le gouvernement fédéral a coupé les subventions aux organismes de soutien aux personnes séropositives pour les organisations de prévention, de continuer Chris Lau. On n’est pas contre la prévention, je suis absolument pour la prévention. Mais l’un ne va pas sans l’autre. Si le premier ministre Justin Trudeau venait voir ce qu’on accomplit ici, je suis sûr qu’il changerait d’avis. Nous allons l’inviter pour le 1er décembre. Ce serait bien qu’il vien-ne se rendre compte par lui-même des services que nous offrons et combien ils sont essentiels pour les gens qui fréquentent la Maison.»
 
La Maison Plein Cœur propose pas moins d’une quinzaine de services qui vont des rencontres individuelles aux groupes de discussions, du centre de jour au souper communautaire en passant par l’intervention à domicile – surtout auprès de femmes immigrantes vivant avec le VIH, un service qu’Antoinette Ngalula Kulondi et Roseleine Delva s’empresse de rendre auprès de femmes dans le besoin –, ainsi que la résidence transitoire supervisée. «D’ailleurs, on apercevra dans les clips ces deux femmes qui font un travail extraordinaire», de souligner M. Chabot. 
 
«C’est une campagne de financement, mais c’est aussi une campagne pour nous faire connaître et portant aussi sur la sensibilisation envers les gens qui vivent avec le VIH, de noter Chris Lau. Il est vrai que les gens séropositifs décèdent moins avec les médicaments actuels, mais il vieillissent et notre travail est rendu plus complexe avec des problèmes reliés à la santé mentale, à la consommation [de drogues, d’alcool, etc.], de stigmatisation, etc. Chaque année, il y a de nouvelles infections à Montréal, ça veut dire qu’à chaque année, il y  a des gens qui ont besoin de nous. C’est ce que nous voulons, également, faire ressortir dans notre campagne.»
 
«Nos porte-parole porteront le message de la Maison Plein Cœur par une vaste campagne sur les réseaux sociaux et sur YouTube. On produira quatre clips de 30 à 45 sec. soulignant chacun de nos services, mais de manière courte. Ils seront mis en ligne à quatre moments différents de l’opération. On a appris de la campagne de l’an dernier et, cette année, on sollicite des dons et on ne demande pas aux gens de jouer à quoi que ce soit», renchérit Denis-Martin Chabot. 
 
En plus de la réception du 1er décembre avec les usagers, les bénévoles et les employés, on invitera les gens pour un événement spécial de Fierté littéraire, organisé par Denis-Martin Chabot, le 14 janvier, à la Comédie de Montréal à 20h, et qui s’intitule «La rire appropriation culturelle» et dont l’objectif est de déboulonner les préjugés contre les minorités sexuelles. Puis, le 14 février, pour la Saint-Valentin, au bar Le Cocktail, et qui s’appellera «On déculotte Valentin». Ce sera dans le cadre de la soirée «Sans Pantalon», et Rita Baga animera le tout. «On demande aux gens de porter des sous-vêtements rouges. On va déculotter les mythes entourant le VIH», dit Denis-Martin Chabot. À noter que ces deux activités serviront à amasser aussi des fonds pour la Maison Plein Cœur. Plus de détails seront à venir… 
 
Maison Plein Cœur, 1611, rue Dorion, Montréal. T. 514-597-0554 ou maisonpleincoeur.org