La gamme Grand Marnier

Du vrai bonheur en bouteille!

Yves Lafontaine
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Grand Marnier
Photo prise par © Grand Marnier
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  • Grand Marnier
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Au début de l’automne, à l’invitation de Grand Marnier, cette liqueur française de renommée mondiale, à base de parfums d’oranges amères et de cognacs, j’ai été invité à rencontrer le maître-assembleur de la maison, Patrick Raguenaud pour une dégustation découverte de la gamme de produits Grand Marnier qui a su traverser les générations sans prendre une ride. 
 
Un peu d’histoire
Tout au long  d’un repas gastronomique, Patrick Raguenaud (photographié ci-dessous) nous a raconté l’histoire de Grand Marnier qui a commencé en 1827 lorsque Jean-Baptiste Lapostolle fonde une distillerie produisant des liqueurs de fruits, à Neauphle-le-Château, près de Versailles. 49 ans plus tard, sa petite fille épouse Louis-Alexandre Marnier, le fils d’une famille de négociants en vins de la région de Sancerre, créant ainsi la famille Marnier Lapostolle. 
 
 
Fin connaisseur en cognac, Louis-Alexandre Marnier a l’idée audacieuse d’associer le cognac à une variété rare d’oranges venue des Caraïbes : l’orange Citrus bigaradia. À cette époque, l’orange est un fruit rare et luxueux, dégusté uniquement lors des grandes occasions, aux fêtes de Noël par exemple. En mariant la complexité et la force du cognac à l’exotisme de l’essence d’orange, selon une recette toujours tenue secrète à ce jour, Louis-Alexandre Marnier créé la liqueur qui fait son succès et l’enveloppe dans une bouteille inspirée des alambics cognaçais.
 
Le premier nom donné à la liqueur fut « Curaçao Marnier ». Mais en 1880, lorsque le célèbre hôtelier César Ritz goûte la création, il est si impressionné par sa finesse et sa grandeur qu’il suggère un nouveau nom, «Grand Marnier», ignorant la tendance minimaliste en vogue à Paris au début du siècle qui consistait à tout appeler «petit».
 
Avec le soutien de César Ritz, la liqueur Grand Marnier est alors proposée aux clients de l’hôtel du Ritz à la fin de chaque repas, comme un symbole de luxe, d’opulence et de raffinement. L’empereur d’Autriche François-Joseph aurait même commandé 12 caisses de Grand Marnier après avoir dégusté la liqueur au grand hôtel de Monte-Carlo. Cette liqueur, parmi l’une des plus fines du monde, se retrouve également à chaque repas sur les transatlantiques de la White Star Line, dont le Titanic faisait partie. Une bouteille de Grand Marnier figure d’ailleurs parmi les objets retrouvés dans les vestiges du paquebot. Rapidement adoptée par une clientèle riche et internationale comme le digestif par excellence, la liqueur Grand Marnier est aussi célébrée en cuisine grâce à son extraordinaire versatilité. Dans les années 1900, le chef Escoffier, père de la cuisine moderne, rend la crêpe Suzette et le soufflé au Grand Marnier célèbres dans le monde entier. Ces desserts sont, encore aujourd’hui, considérés comme des classiques de la cuisine française.
 

La fabrication
C’est au cœur de la région de Cognac, dans le Château de Bourg-Charente, que commence la longue élaboration des produits Marnier-Lapostolle. Chaque année, les meilleures eaux-de-vie, obtenues à partir du raisin de cépage Ugni Blanc venant des meilleurs crus de la région de Cognac, sont sélectionnées. Ces eaux-de-vie sont distillées deux fois dans des alambics en cuivre charentais, puis vieillies en barils de chêne. Le Maître de Chais assemble ensuite une variété de cognacs qui sera mariée à l’essence d’orange Citrus bigaradia, espèce d’orange très parfumée et exotique, récoltée principalement dans la plantation Marnier Lapostolle, aux Caraïbes. Ces oranges, cueillies à la main lorsqu’elles sont encore vertes, à leur pic aromatique, sont coupées en quartiers. La pulpe est écartée pour ne garder que l’écorce qui séchera au soleil pendant plusieurs semaines pour concentrer les huiles essentielles dans le zeste. À leur arrivée à la distillerie en France, les écorces sont mises à macérer dans l’alcool. Cet alcool est ensuite distillé pour obtenir l’essence d’orange. Le cognac et l’essence d’orange sont soigneusement assemblés à d’autres composants, selon une recette tenue secrète depuis 1880, et transmise de génération en génération. Le mélange subit ensuite une longue maturation additionnelle en foudres de chêne, apportant à la liqueur toute sa rondeur et son homogénéité.
 
 
La liqueur Grand Marnier est finalement embouteillée puis chaque bouteille est parée de son fameux ruban rouge moiré, de son cachet de cire et de son étiquette ivoire avec ses lettres gothiques, inchangés depuis 150 ans, et garants de la spécificité et de la qualité de la liqueur avant d’être expédiée dans l’un des 150 pays où la liqueur Grand Marnier est distribuée.
 
 
L’expérience de la dégustation
C’est avec le Grand Sidecar, un cocktail à base de brandy qui réunit à la perfection une part forte, une part sucrée (la liqueur d’agrumes du Grand Marnier) et une part acide (le jus de citron), que la soirée a débuté, accompagnant une sélection de canapés (mini pâté en croûte au canard et foie gras, longe d’agneau concassé de tomates au thym, crevettes marinées au citron vert enrobées de Daïkon et une bruschetta de légumes grillés et fromage parmesan).
 
 
 
La cuvée Louis-Alexandre, qui est un hommage à Louis-Alexandre Marnier-Lapostolle, est composée à 82 % de cognacs V.S.O.P. (Very Special Old Pale). À la dégustation on sent aussitôt des arômes d’oranges confites. Cette cuvée complémentait à merveille la crème Dubarry au caviar du Nouveau-Brunswick qu’avait concocté le chef du Ritz Montréal.
 
Le cocktail Grand Collins accompagnait le saumon printanier en Bellevue, suivi d’un suprême de poulet de pintade aux navets, sauce au vin jaune, servi en accord avec un Grand Old Fashioned, mélange de Grand Marnier Cordon Rouge, de bourbon et d’Angostura, auquel on ajoute un zeste d’orange.
 
 
On a ensuite eu droit, avant, pendant et après un dessert à l’argousier à trois cuvées exceptionnelles de la gamme Grand Marnier. 
 
 
La cuvée du centenaire a été faite en 1927 pour célébrer le 100e anniversaire de la Maison Marnier-Lapostolle. C’est un assemblage exceptionnel à 82 % de cognacs X.O (Extra Old), qui proviennent de la Grande et la Petite Champagne. Des notes d’oranges confites en ressortent avec des arômes assez légers.
 
 
La cuvée 1880, quant à elle, a été créée pour commémorer l’année de la création du Grand Marnier. C’est un savoureux assemblage à 91 %, de Cognacs X.O de grande Champagne qu’on déguste dans un verre à cognac. Des saveurs très subtiles de fruits séchés comme l’abricot, l’orange se font très discrètes, mais nous avons une très belle longueur en bouche.
 
 
Et pour finir, nous avons eu le bonheur de goûter à la cuvée Quintessence, créée en 2011, par Patrick Raguenaud lui-même. C’est un assemblage de très vieux cognacs millésimés de Grande Champagne et de réserves familiales aux saveurs d’oranges amères propres à la maison Grand Marnier. 
 
 
À déguster avec modération pour en apprécier les notes de citron, d’amande et de vanille… Sachez que c’est un produit d’exception offert chaque année en quantité limitée. 
 
Le Grand Marnier Cordon Rouge est offert dans la plupart des SAQ, alors que vous retrouverez le Grand Marnier 1880, le Grand Marnier  Louis-Alexandre et le Grand Marnier Cuvée du Centenaire dans une SAQ Sélection. Le Grand Marnier Quintessence se trouvera exclusivement à la SAQ Signature, une seule fois par année et il est recommandé d’en faire la réservation.