Allemagne

La première parlementaire transgenre prend ses fonctions en Bavière

L'agence AFP
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La première parlementaire transgenre allemande, Tessa Ganserer (Verts), a appelé à une réforme du droit pour les transgenres et à un plan d'action national contre l'homophobie et la transphobie.

Il est grand temps de remplacer la loi sur les transgenre, qui a plus de 30 ans, par une loi reconnaissant l'identité de genre autodéterminée, a déclaré lundi la parlementaire de Bavière à la presse quelques semaines après avoir fait son "coming-out" trans sur les réseaux sociaux.

Elle s'est exprimée lundi longuement, sous sa nouvelle apparence physique, pour réclamer notamment un allègement des procédures visant à changer de sexe à l'état civil.

«Il devrait être possible à l'avenir que le sexe spécifié à la naissance à la demande d'une personne du bureau de l'enregistrement soit modifié», a-t-elle affirmé.

À compter de la prochaine réunion du parlement régional de Bavière, le 22 janvier prochain, Tessa Ganserer, qui a siégé au Parlement en 2013 et 2017 sous le prénom masculin de Markus, siègera en tant que femme.

Désormais, ses collègues devront l'appeler «Madame la députée» et elle sera enregistrée sous ce nom après avoir reçu un soutien ferme de la présidente de l'institution, Ilse Aigner. Cette dernière a jugé la démarche «courageuse et éminemment personnelle».

C'est la première fois qu'une femme transgenre siègera dans une institution politique allemande, qui plus est en ayant fait le choix de changer d'identité durant son mandat, selon les médias.

Cependant, pour que son prénom et son sexe soient officiellement modifiés, Tessa Ganserer doit soumettre deux rapports psychologiques.

Cette procédure est «discriminatoire et constitue une ingérence dans sa personnalité», a déclaré la responsable politique du Parti vert. «Je ne plaisante pas - je n'ai pas choisi d'être une femme».

Tessa Ganserer a exigé que sa région protège enfin les homosexuels, les bisexuels et les transgenres, spécifiquement contre la discrimination et la violence: «La Bavière est le seul État fédéral à ne pas avoir mis en place un tel plan d'action», a déclaré Ganserer.