Jusqu’au 17 février, «Processus: passé, présent, à venir / Michel Robidas

Habiller le talent

Michel Joanny-Furtin
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Michel Robidas

Le Centre d’art Diane-Dufresne présente jusqu’au 17 février les œuvres de mode et costumes du couturier, designer et scénographe Michel Robidas lors d’une vaste exposition rétrospective au Centre d’art Diane-Dufresne. Au delà des modes et des costumes qui ont émaillé les scènes et les plateaux ici et ailleurs, c’est toute l’évolution artistique d’un créateur qui se dévoile devant nos yeux.

«Une première expo à la Maison de la Culture Marie-Uguay il y a deux ans rassemblait seulement 40% de ce qu’on peut voir ici», précise Michel Robidas. «Le Centre d’art Diane-Dufresne dispose d’une salle très haute qui permet d’exposer de grands costumes qui volaient dans l’espace pour le Cirque du Soleil. De plus, j’ai doublé la quantité de maquettes et de croquis, notamment des travaux d’écoliers et de mes premières créations. Ces archives personnelles me permettent de présenter tout cet aspect de ma carrière allant des collections de mode aux costumes de scène… et j’ai même créé, expressément pour cette expo, d’autres costumes pour accueillir le public dès l’entrée!», affirme-t-il.
Le visiteur retrouvera ainsi des robes de scènes et de plateaux TV de Ginette Reno, Michèle Richard, Diane Dufresne, Julie Snyder et Céline Dion. «C’est un prêt personnel de Céline, ajoute Michel Robidas. Nos deux années de collaboration nous reportent au style de la fin des années’80 et mes variations sur la mode de cette époque», dont le tailleur pour l’Eurovision 1988.
 
Diane et Julie
«Pour mettre en valeur sa personnalité hors du commun, ses costumes de scène m’ont permis d’aller très loin avec Diane Dufresne pour amener la magie et partager le rêve. Techniquement, c’était ma responsabilité», raconte le créateur. «Elle souhaitait une robe de scène qui se mêlerait au décor du théâtre. J’avais noté "robe, théâtre" et l’idée a cheminé. Je me suis alors inspiré d’une robe de princesse en forme de hutte, conçue pour Margie Gillis, dont elle sortait vêtue d’un pagne pendant sa chorégraphie.» La structure est celle d’une crinoline mais avec des baleines plus massives posées sur des roulettes. Ces robes pesaient parfois jusqu’à 20 kg.
 
«Julie Snyder portait aussi des structures lourdes, se souvient Michel, avec des composants électriques, des batteries pour les systèmes lumineux, des connections pour la robe "feux d’artifices", une pompe électrique pour la robe-fontaine, etc.; et on travaillait souvent à la dernière minute selon le thème de l’émission!»
 
Vêtements sans tissus
«En tant que scénographe, j’étais toujours intéressé à sortir le costume du tissu et utiliser d’autres matières: plastique, plexigas, et, c’est un peu ma marque, beaucoup de quincaillerie, des mousquetons, des zippers, des chainettes, des crochets et des fermoirs, etc.; bref, une approche plus moderne et actuelle.» Plus classiques, ses créations pour La reine morte, Laurier ou Montréal, PQ éveilleront aussi nombre de souvenirs de théâtre et de TV.
 
«Un costume de scène, c’est la première chose que l’artiste dit à son public, conclut Michel Robidas. Il lui permet toutes les audaces tant que la cohérence et la justesse de l’attitude respectent le projet artistique de l’artiste et de son spectacle.». 
 
«Processus: Passé. Présent. À venir.» au Centre d'art Diane-Dufresne (11, allée de la Création)
à Repentigny, jusqu’au 17 février (entrée 5$)

Diane Dufresne