Média

Grindr licencie les employés de son média, Into

Yannick LeClerc
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Moins de deux ans seulement après son lancement, le média web LGBTQ américain Into met la clé sous la porte. Le PDG de Grindr, propriétaire du site, a annoncé le 15 janvier aux employés qu’il mettait fin à leurs contrats pour pouvoir «se concentrer sur la vidéo». Curieusement la production de vidéos correspondait déjà à une grande partie du travail de l'équipe de Into.

« Pour nous, la fermeture de Into est une perte immense pour les médias LGBTQ et le journalisme », écrit l'équipe licensiée du média dans un communiqué.

« Nous avons prouvé ce que les personnes queer ont montré pendant des décennies: il y a un public, un désir et une faim de nouvelles LGBTQ, racontées par des personnes LGBTQ. (…) À retenir également: nous avons mis en avant les voix des personnes queers et trans racisées, après des années de critiques faites aux médias LGBT, jugés trop blancs, trop masculins, trop cisgenres. Nous espérons avoir montré l’exemple. »

Selon Out.com, dont la rédaction est désormais dirigée par Zack Stafford, ancien rédacteur en chef de Into, même les salariés qui s’occupent des réseaux sociaux de l’application auraient été licenciés.

Hasard ou coïncidence, ces licenciements interviennent quelques semaines après qu’un journaliste de Into a été le premier à rapporter des propos polémiques du PDG de Grindr, Scott Chen. Ce dernier, un hétérosexuel,  avait estimé sur Facebook qu’il croyait que le mariage est « l’union sacrée d’un homme et d’une femme » — avant de se rattraper et d’affirmer son soutien à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Scott Chen n’avait pas beaucoup apprécié de se retrouver ainsi en lumière, comme on le devinait dans sa réponse à l’article qui l’incriminait. Ces propos avaient causé une polémique sur les réseaux sociaux et avaient motivé le directeur des communications de lentreprise à remettre sa démission. 


Source : Out.com et Hornet