Homophobie

Sergeï Polunin, léger dans les grands jetés, lourd dans ses propos

Denis-Daniel Boullé
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Le « bad boy » de la danse classique, acclamé comme le Noureev du XXIe siècle, se laisse aller à des propos sexistes et homophobes sur les réseaux sociaux. 

Sergeï Polunin a un parcours hors du commun. Remarqué à l’âge de 13 ans, il intègre la British Royal Ballet School et quitte son Ukraine natale. À 20 ans, il est engagé par le Royal Ballet et devient le plus jeune premier danseur de toute la compagnie. L’enfant terrible de la danse, connu pour ses nombreux tatouages, endure mal la discipline de la maison royale de la danse qu’il quitte à 22 ans. 

Peu connu du grand public, sinon des amateurs, il acquiert une célébrité dans un clip réalisé par David La Chapelle dansant sur la chanson de Hozier, Take Me To Church, en 2015 qui est vu 2,6 millions de fois. Une sublime performance où le jeune homme démontre encore une fois son immense talent. 

 

Mais voilà, sur les réseaux sociaux, le danseur qui a dû mal aujourd’hui à maintenir une carrière qui s’avérait des plus prometteuses tient des propos qui font frémir. Grand fan de Trump et de Poutine, il ne cesse de les louanger. Il a même tatoué un portrait du président russe sur sa poitrine pour lui témoigner de son admiration. Et tout récemment, Sergeï s’est lancé dans une longue diatribe contre les hommes qui n’occuperaient pas leur place face aux femmes. « Il y’a déjà une ballerine sur scène, pas besoin d’être deux. Un homme doit être un homme (…) C’est la raison pour laquelle tu as des couilles». 

Ou plus loin «Maintenant les femmes essaient de prendre la place des hommes parce que vous ne les baisez pas…».

Ou encore : « Les hommes sont des loups, les hommes sont des lions, les hommes sont les chefs de leur famille». Des propos qui ont fait réagir sur la toile. 

Invité à danser le Lac des cygnes de Noureev cet à hiver à l’Opéra Bastille de Paris, la directrice du ballet de l’Opéra national de Paris, Aurélie Dupont, a dû prendre la décision de ne plus l’inviter suite à la controverse causée par les propos du danseur. 

Ironie du sort, le clip officiel deTake Me To Churchdu chanteur irlandais Hozier, mettait en scène un couple de gais victimes de harcèlement. Visiblement, Sergeï Polunin n’avait pas vu le clip en acceptant l’offre de David La Chapelle.