Fierté Bombay

En Inde, les personnes LGBT peuvent enfin défiler sans crainte

Chantal Cyr , L'agence AFP
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La Pride de Bombay a lieu tous les ans dans la capitale du Maharashtra, mais la Pride 2019 a été l’édition de tous les records. La dernière en date s’est tenue le 2 février dernier et environ 15 000 personnes y ont participé. C’est peu au regard de Pride dans les pays occidentaux, mais pour l’Inde, c’est significatif.

Cette fête était la première depuis que l’Inde a officiellement dépénalisé les relations sexuelles entre personnes de même sexe, en septembre 2018. La Cour Suprême du pays a supprimé la section 377 du code pénal indien, héritée d’une loi britannique. La cour a jugé que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était une violation des droits humains.

Dans un article de Gay Star News, Ankit Bhuptani, co-organisateur de la Mumbai [le nom anglophone de Bombay] Pride affirme que l’événement était « fabuleux ». Il a réitéré l’importance de la dépénalisation de l’homosexualité en Inde.

« Depuis ma naissance, j’étais considéré comme un criminel », explique-t-il. »Pour la première fois, je peux dire que je ne suis plus un criminel dans mon propre pays. »

Ces dernières années, les personnes LGBT qui assistaient à la Mumbai Pride cachaient leur identité par peur d’être arrêtés. Ankit Bhuptani remarque qu’il n’a vu personne porter de masque cette année. « Ce n’étaient pas seulement les militant.e.s. Tout le monde pouvait s’affirmer haut et fort comme LGBTI à la marche sans être inquiété. », dit-il.

Grâce à la décision de la Cour Suprême, beaucoup d’entreprises, des organisations des personnels de santé ou de l’éducation ont pu participer à la marche — une autre première.

Selon Bhuptani, la prochaine étape pour la communauté sera le vote d’une loi antidiscrimination basée sur l’identité de genre.