Place au Village

Pour rendre les choses plus agréables pour tout le monde !

André-Constantin Passiour
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Martin Nadeau

Peu de gens dans le Village, et même des commerçants, connaissent le sympathique et énergique franchisé du resto St-Hubert, Martin Nadeau. Pourtant, celui-ci est très présent dans son établissement et jouit d’une aura des plus éclatantes. Membre du conseil d’administration (C.A.) de la Société de développement commercial (SDC) du Village depuis juillet 2016, il siège sur le nouveau «comité» de l’arrondissement de Ville-Marie sur les terrasses. Aux côtés de sa collègue Isabelle Corriveau, également membre du C.A. de la SDC du Village et copropriétaire du bar Renard, Martin Nadeau apporte ainsi sa longue expertise aux fonctionnaires municipaux de Ville-Marie afin d’améliorer la situation des commerçants tenant une terrasse et tenter d’y voir plus clair dans la règlementation de l’arrondissement de Ville-Marie. Règlementation qui peut différer d’un arrondissement à l’autre concernant les terrasses.

Bien sûr, pour la plupart des gens, il est agréable de se promener l’été lors de la piétonisation de la rue Sainte-Catherine Est dans le Village, pendant l’événement Aires Libres, avec l’abondance de terrasses toutes plus colorées les unes que les autres et chacune affichant son petit cachet. Par contre, ce que la population ne sait pas c’est «qu’il y a 36 millions de règlements concernant les terrasses», de dire de façon imagée et humoristique Martin Nadeau, propriétaire de la Rôtisserie St-Hubert du Village, depuis 2012. Et, en effet, parfois ces règlements ne sont pas clairs. «Ce comité est très intéressant, nous sommes plusieurs restaurateurs, il y a même des représentants du Groupe Ferreira, entre autres, la haute direction de l’arrondissement de Ville-Marie, la police, les pompiers, les 4 SDC de Ville-Marie, mais étrangement aucun élu de l’arrondissement. L’objectif n’est pas nécessairement d’alléger les règlements, mais de comprendre ce qui a du sens ou non», poursuit Martin Nadeau qui possède aussi une autre franchise St-Hubert à Brossard et ce, depuis 12 ans maintenant. 
 
«Il s’agit ici de discuter de l’image que projette Montréal à travers ses terrasses pour les touristes», continue M. Nadeau. «Il faut que le touriste qui se promène voit les terrasses, et que ce soit invitant, attirant, sécurisant, il faut qu’il ait le goût d’aller s’y asseoir. Je crois que les fonctionnaires de Ville-Marie sont très ouverts à la discussion et aux idées nouvelles. Dans un certain sens, ils sont là pour faciliter les choses. En tant que restaurateurs, l’important pour nous c’est qu’il faut que les terrasses puissent se distinguer les unes des autres, que chacune ait sont petit quelque chose de particulier. Par exemple, cela fait des années que je me bats pour que, à la nuit tombée, il y ait des lumières au-dessus de ma terrasse, comme on en voit tout plein sur les terrasses du Plateau Mont-Royal. Les gens s’installent sur la terrasse du resto et ont de la misère à lire le menu le soir. Ce n’est pas normal que l’on ne puisse pas avoir de l’éclairage sur une terrasse et que l’on doit compter uniquement sur l’éclai-rage intérieur ou les lampadaires de la Ville. Et en plus d’ajouter de l’ambiance, ce serait aussi plus sécuritaire.»
 
Curieusement, il n’y a aucun élu municipal sur ce comité. Mais est-ce qu’un tel comité vaut vraiment la peine? «Pour moi, ce n’est pas de la perte de temps», ajoute Martin Nadeau. «On avan-ce avec ça. Particulièrement pour nous, dans le Village, on sait maintenant que Aires Libres et la piétonisation, qui en sera à sa 12e édition cet été, seront là encore pour un bon bout de temps. Avant, on ne savait pas trop où on s’en allait puisqu’on ne savait jamais si ça revenait l’été suivant. Mais maintenant, les commerçants investissent pour améliorer les terrasses, pour les rendre encore plus agréables d’année en année, donc c’est intéressant de s’asseoir, de réfléchir et d’avancer, d’avoir des solutions pour que ce soit satisfaisant pour tout le monde. On a eu deux rencontres jusqu’à présent, donc on verra bien…» 
 
L’été dernier, on s’en souviendra, s’était la Coupe du Monde de la FIFA 2018, même Montréal vibrait au rythme de ces matchs. La France jouait contre la Croatie le 15 juillet, le lendemain de la fête nationale Française. Voyant l’engouement, Martin Nadeau s’empresse de suspendre à la devanture du St-Hubert un grand drapeau Français. «On a été chercher des grands écrans pour la terrasse et l’intérieur du resto, c’était fou. Le matin même de la finale, on arrive avec un camion et on installe les écrans. La terrasse s’est remplie dans le temps de le dire et il y avait du monde partout autour de la terrasse également! L’atmosphère était incroyable! Lorsque la France a gagné, cela a fait notre journée! Mais il n’était que 13h et il nous restait toute la journée encore… (rire)» C’est le genre d’implication et d’action qu’aime entreprendre ce passionné qu’est véritablement Martin Nadeau. C’est un exemple parmi tant d’autres… Les yeux de Martin Nadeau pétillent, on sent en lui ce dynamisme, cette énergie débordante. 
 
C’est sans aucun doute pourquoi, il y a près de 3 ans maintenant, Denis Brossard, le président du C.A. de la SDC a proposé à Martin Nadeau de faire partie du conseil d’administration de la SDC. « J’ai été très surpris que l’on me demande de faire partie du C.A.. Je ne sentais pas que j’étais vraiment impliqué dans le Village à ce point-là», dit-il modestement. «Je crois qu’ils ont vu le travail que je fais ici dans le Village avec le St-Hubert, mon implication avec la Soirée en Blanc [qui amasse des fonds pour le GRIS-Montréal], entre autres. Je pense aussi que c’est mon expertise qui a plu chez les membres du C.A., le fait que cela fait plus de 20 ans que j’œuvre chez St-Hubert. J’ai été réellement très honoré qu’on me sollicite pour présenter ma candidature à un poste au C.A.», souligne M. Nadeau.
 
C’est lui qui, en 2014, a insufflé une cure de jouvence au restaurant avec des rénovations majeures qui ont rendu l’endroit plus spacieux, plus éclairé et plus confortable pour la clientèle. Depuis 2014, également, la partie St-Hub du resto reçoit la désormais célèbre «Soirée en blanc», qui recueille des fonds autant pour la Fondation St-Hubert (60%) que pour le GRIS-Montréal (40%). Ainsi, Martin Nadeau remet au GRIS un chèque de 4 000$ à chaque année. 
 
« Quand je vois les autres SDC, je trouve qu’il ne s’y passe pas grand-chose alors qu’ici, ça bouge, c’est dynamique. Bernard (Plante), le directeur général de la SDC (dont le mandat de 13 ans s’est terminé tout récemment), travaille très fort pour trouver des subventions et des commandites comme la brasserie Labatt qui est partenaire d’Aires Libres depuis 2008. On fait beaucoup de choses ici, on s’en rend compte si on se promène et qu’on voit ce qu’il y a ailleurs. Même quand je suis en voyage à l’extérieur du pays et que je dis que je viens de Montréal et que je suis commerçant dans le Village gai, les gens me disent «ah oui, là où il y a les Boules  (multicolores de Claude Cormier) !». Les gens savent que c’est le Village, c’est reconnu maintenant. C’est là qu’on constate cette énergie qu’il y a ici. […] Et je suis très content d’en faire partie.»
 
Lorsqu’on demande, à la fin de l’entrevue, si Martin Nadeau a autre chose à rajouter – oui, l’éternelle question du journaliste que je suis – il pointe tout simplement vers l’inscription sur le mur du St-Hubert : «Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais», des paroles d’un certain poète britannique appelé… Oscar Wilde!
 
«Le présent article sur l’implication de Martin Nadeau dans le Village sera ma toute dernière collaboration, débutée il y a 10 ans, avec la merveilleuse équipe de Fugues», ajoute à la fin de l’entrevue Bernard Plante, directeur général sortant de la SDC du Village. «Et tout particulièrement avec André C. Passiour, que j’ai eu l’immense privilège de côtoyer pour une centaine d’articles de Place au Village. Un individu d’un grand professionnalisme, passionné du Village et de la communauté LGBTQ+. Un homme d’une grande intégrité, avec qui j’avais rendez-vous à chaque mois depuis 2009 pour Place au Village. Mille mercis André et longue vie à Fugues! »