Birmanie

Un festival LGBT en Birmanie, pays où l'homosexualité reste illégale

Collaboration Spéciale
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Pour la deuxième année consécutive, un festival LGBT s'est tenu dans un parc public de Rangoun. L’homosexualité reste pourtant illégale en Birmanie et les discriminations sont toujours bien présentes.

Cet événement, créé il y a cinq ans, a d’abord eu lieu dans des espaces privés. Mais pour la deuxième année consécutive, les organisateurs du festival - étalé sur une dizaine de jours - ont reçu l’autorisation de le faire en public.

« On voudrait que tout le monde sache ce que c’est le genre, l’identité sexuelle, l’orientation sexuelle », explique l'une des participantes à la Yangon Pride. « On a commencé à essayer de collaborer avec le ministère de l’Éducation, c’est en cours, ce n’est pas facile mais on doit essayer! »

Dans ce pays conservateur, de nombreux bouddhistes pensent que l’homosexualité est liée aux péchés commis dans la vie antérieure. Mais aujourd’hui, de plus en plus d’activistes LGBT font entendre leur voix.

Les femmes transgenres sont les plus vulnérables aux violences de la police, selon une étude de l’organisation Rainbow. Les officiers utilisent ce que les médias et activistes ont surnommé « la loi des ténèbres », qui permet d'arrêter n’importe qui la nuit. Les cas d'extorsion d’argent, de violences ou de harcèlement se comptent par dizaines.

Le code pénal birman punit de dix ans de prison les relations homosexuelles. Il est très peu appliqué en pratique, mais reste une menace pour la communauté LGBT qui tente aujourd'hui de convaincre les députés de modifier la loi.

Il y a tout de même quelques progrès: dans la première stratégie du gouvernement pour la jeunesse, les jeunes LGBT ont été consultés et apparaissent pour la première fois dans un document officiel.

Source : Eliza Hunt/oang