Du 20 au 22 février

L’imaginaire de Jan Martens

Denis-Daniel Boullé
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Jan Martens sera pour trois jours à l’Usine C pour presenter deux oeuvre, BIS et Ode to the Attempt. Jan Martens est déjà venu plusieurs fois à Montréal et beaucoup d’entre vous ont pu découvrir la créativité sans limite de ce danseur chorégraphe, où l’imagination, l’inventivité, le ludique mais aussi le tragique se côtoient. 

Bis a été créé pour la danseuse Truus Bronkhorst, elle seule selon le chorégraphe peut l’interpréter et elle sera là. Ode to the Attempt est un voyage dans l’univers de Jan Martens, puisqu’il s’agit d’un autoportrait, dans une pièce ouverte, où lors de chaque représentation, le chorégraphe bouscule la trame narrative de l’œuvre en se lançant de nouveaux défis. 

Rejoint au téléphone en Belgique, Jan Martens revendique une posture bien particulière dans son travail, celle d’être au plus prêt du public de l’entraîner dans ses propositions, jusqu’à dialoguer directement avec lui. « J’aime jouer avec le public, lui proposer un voyage dans lequel il embarque, de créer une complicité que l’on ressent, que je ressens quand je suis sur scène. Je suis plus intéressé à rechercher cet effet que faire preuve de virtuosité comme danseur », explique-t-il. 

Après des études en danse au département de danse du Conservatoire royal Artesis à Anvers, en 2006, le jeune homme danse pour de nombreux chorégraphes contemporains avant de créer à partir de 2009 ses propres œuvres. « Bien sûr, j’ai été influencé par tous les chorégraphes avec lesquels j’ai pu danser, mais je ne me revendique d’aucune école. Selon ce que je souhaite exprimer l’écriture et la construction d’une pièce peuvent s’inspirer de ces influences, continue Jans Martens, mais elles ne sont jamais le point de départ d’une création. Bis a été écrite du début à la et imposait pour moi une forme chorégraphie Minimaliste, alors que c’est complètement différent avec Ode ».

Avec Ode to the Attempt, le créateur trace un portrait de lui-même, un portrait de l’artiste, mais aussi un portrait de sa génération, d’une génération qui ne prend plus son temps, qui aime passer d’une chose à une autre très rapidement, d’être toujours en alerte sur ce qui se passe surtout sur les réseaux sociaux et de rester en contact avec les autres. « Ce n’est pas une critique, mais un questionnement de ce besoin de technologie. J’ai abandonné le téléphone intelligent parce que j’étais tout le temps dessus. Mais je pense que nous sommes encore au début de cette attirance pour la technologie et que les générations suivantes seront beaucoup moins dépendantes que nous », constate le chorégraphe.

Pour nous amener dans ce paysage où le chorégraphe livrera un large éventail de son talent, il s’est créé une vingtaine de tentatives ou défis, parmi lesquels il en choisit quinze le jour même du spectacle, et selon les réactions du public, selon l’ambiance, il décide de tous les réaliser, d’en rajouter ou d’en soustraire. Humour, subtilité, jeu avec le public, on pourrait résumer le chorégraphe comme celui de la tendresse, tant il souhaite une communion presque physique avec le public, avec l’être humain en fait pour créer le temps d’une soirée un « tous ensemble », anéantissant la distance entre la scène et la salle. 

BIS et Ode to the Attempt. de et avec Jan Martens, et avec Truus Bronkhorst. Du 20 au 20 février 2019. Usine C,1345, avenue Lalonde, Montréal. 

Billetterie 514-521-4493 ou usine-c.com