16 mars - Place des Arts

Kronos Quartet : Un quatuor à cordes des plus ambitieux

Denis-Daniel Boullé
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Kronos Quartet 

Ils ne sont pas revenus à Montréal depuis au moins vingt ans, c’est ce que nous confie David Harrington, fondateur et violoniste du Kronos Quartet en 1973. Le quatuor sera à Montréal pour une seule soirée, le 16 mars prochain à la Maison symphonique. Ils ont travaillé avec tous les compositeurs de musique classique contemporaine, mais se sont intéressés à d’autres styles comme le jazz, le tango, avec un détour par les musiques du monde. Un quatuor qui encore aujourd’hui permet à de jeunes compositeurs émergents d’être joués, de se faire connaître.

Si les quatuors à cordes sont reconnus pour leur interprétation de compositeurs classiques, rares sont ceux qui osent « s’attaquer » à d’autres univers musicaux et de les adapter pour deux violons, un alto et un violoncelle. Mais dès la fondation en 1973 de sa formation, David Harrington souhaitait s’ouvrir à d’autres univers. « Nous étions dans les années soixante-dix, j’écoutais du Jimi Hendrix, comme tout le monde, nous étions dans une époque de grand bouleversement, il y avait la guerre du Vietnam, et j’étais extrêmement curieux des différents courants musicaux qui naissaient », avance le musicien en entrevue.
 
 
Depuis Kronos Quartet (David Harrington, Hank Dutt, John Sherba, Sunny Yang) a gagné sa réputation en explorant divers territoires musicaux, tout comme en travaillant avec des compositeurs contemporains ou en adaptant des musiques pour leur formation. Le quatuor est à l’origine de nombreuses commandes d’œuvres inédites et a traversé tous les styles, de la musique mexi-caine à la musique expérimentale, de la musique minimaliste, Philip Glass, Arvo Pärt, entre autres, au jazz, au rock, en passant par la musique gitane ou africaine avec la chanteuse Rokia Traoré. Aucun style, aucune culture ne laisse indifférent les quatre musiciens. « La musique du monde est un monde merveilleux, il y a toujours de superbes découvertes, c’est infini, et puis ce sont toujours des rencontres intéressantes avec d’autres musiciens, d’autres compositeurs, c’est une grande richesse », constate David Harrington.
 
Le programme du concert présenté à Montréal illustrera bien l’éclectisme de Kronos Quartet puisqu’on entendra des œuvres de Philip Glass, des arrangements de musiques de Charles Mingus et de John Coltrane, mais aussi une œuvre de la compositrice montréalaise, Nicole Lizée, qui a reçu tout récemment le prix Opus compositrice de l’année, et une autre du chantre de l’électro chaâbi, Islam Chipsy, composée spécialement pour Kronos Quartet et qui figure dans l’album 50 for the Future. Le quatuor avait demandé 50 œuvres inédites à des compositeurs de tous les horizons. Des compositeurs, et surtout des jeunes. « Il y a autour de nous tant de jeunes compositeurs et compositrices extrêmement talentueux et nous avons eu l’idée de leur commander des œuvres pour les faire connaître, continue David Harrington, nous souhaitons continuer à demander à des jeunes de nous composer des œuvres que nous intégrerons dans nos spectacles ».
 
Kronos Quartet ne compte plus les prix : une quarantaine dont deux Grammy. Leur succès ne se dément pas pour ceux qui se sont déjà retrouvés sur scène en compagnie de David Bowie, Björk, Nelly Furtado ou encore Paul McCartney. Kronos Quartet a su faire entrée le quatuor à cordes dans la modernité. À écouter absolument 
 
Les spectacles Place des Arts présentent Kronos Quartet
Le 16 mars 2019 à la Maison symphonique.