Du 8 au 12 mars – les études (hérésies 1-7)

Symposium imaginaire entre la performance et les arts plastiques

Yves Lafontaine
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Symposium imaginaire  entre la performance  et les arts plastiques

La danse est un espace, ouvert à l’imaginaire et la rêverie, qui permet souvent de plonger dans un univers inattendu. La chorégraphe Antonija Livingstone et la plasticienne scénographe Nadia Lauro en profitent à fond, même si le titre de leur création commune — les études (hérésies 1-7) — peut sembler hermétique. Entre spectacle chorégraphique et installation, cette œuvre réanime le format inusité du symposium et en fait revivre les ambitions oubliées et les plaisirs grivois.

Comme Antonija Livingstone et Nadia Lauro l’indiquaient en entrevue (dans le programme du festival suisse Programme commun), la vitalité est en jeu dans cette œuvre atypique: «Dans la Grèce ancienne, un symposium est un regroupement de pédés enthousiastes. Autant d’aristocrates réunis pour boire du vin, philosopher, séduire et éduquer leurs jeunes amants». Logos, Pathos et Éros réunis autour de divertissements légers comme la poésie, la danse et la musique, une machine à former des citoyens éclairés et intégrés.» Les études (hérésies1-7)  sont conçues pour être présentées une à la fois ou ensemble, en polyphonie. Un habitat queer d’intelligence sensorielle se cons-truit en temps réel.
 
Toutes les études intellectuelles ayant été effectuées en amont, elles ne font ici plus de vagues, sauf de façon sous-marine et l’univers aquatique qui enveloppe le public est entièrement dédié aux sensations. Armées de leur sensibilité dandy féministe, Antonija Livingstone et Nadia Lauro usent de l’architecture sociale et physique du format du symposium pour stimuler le partage de sagesse et la culture d’une citoyenneté. L’espace créé est rempli de tendresse, d’une renégociation de nos prises de conscience, de regards portés sur les mystères permanents de la vie.
 
Couleurs, sons, réflexions lumineuses et symboles s’allient dans un univers féminin, croisement entre la performance et les arts plastiques, qui accueille plusieurs représentations de Poséidon. Les performeurs paradent avec des boucliers carrés reflétant la lumière sur les murs comme le jeu des vagues ou laissant transparaître la personne, selon la perspective et les éclairages. Des rangées de sirènes sont assises au plus près du public et portent des lampes sous-marines sur le front, telles des plongeuses. Quand Lauro s’associe à Livingstone, la scénographie devient performance et inversement, dans une installation augmentée où l’œuvre circule, se mettant en perspective. Aquatique, mythologique et mystérieux, l’univers des Études… renvoie à nos rêves, aux fondements de la civilisation méditerranéenne, et même aux années 1970 et à l’ésotérisme. 
 
Les études (hérésies 1-7), dans le cadre de Danse-Cité, à la Galerie du MAI (Montréal, Arts Interculturels), 3680, rue Jeanne-Mance, Montréal

INFOS ET BILLETS : 
danse-cite.org