Tunisie

Victime de viol, un jeune homme se retrouve accusé d’homosexualité

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Un jeune homme gai tunisien qui a été agressé lors d’une rencontre sur les réseaux sociaux a été condamné à la même peine que ses agresseurs, soit 8 mois de prison.

C’est un verdict invraisemblable : Anas, un homme âgé de 26 ans, a été envoyé pour 8 mois en prison, dont 6 pour homosexualité, le 11 février à Sfax dans le sud de la Tunisie. Le jeune homme s’était pourtant lui-même présenté à la police pour porter plainte contre les deux individus qui l’ont violé et dépouillé après lui avoir donné rendez-vous sur Facebook. 

Au poste, le plaignant a été soumis à un test anal, pratique humiliante dénoncée depuis des années. Les enquêteurs prétendent ainsi démontré qu’Anas n’a pas été violé, parce qu’il pratiquait déjà la sodomie. Il a ainsi écopé de 2 mois de prison pour «dénonciation calomnieuse».

Ironie du sort, ses deux agresseurs ont été condamnés à la même peine totale de 8 mois, en l’occurrence pour sodomie, violences et vol, note l’AFP. 

Damj, une association de défense des LGBT a fustigé «une violation flagrante aux droits de l’homme et une atteinte à la dignité morale». 

Shams a lancé une pétition sur AllOut afin d’obtenir la libération d’Anas.

Rappelons qu'en dépit des appels à la décriminalisation, l’homosexualité reste illégale en Tunisie. L’article 230 du Code pénal prévoit jusqu’à 3 années de prison pour «sodomie». 

 

Sources : AllOut, AFP et Shams