10 et 11 avril

Sons of Sissy, relecture queer du folklore

Sébastien Thibert
Commentaires

Jeune danseur originaire d’Autriche, Simon Mayer aime revisiter les traditions de son pays. Avec Sons of Sissy, il poursuit sa recherche, cette fois, avec trois autres danseurs qui se révèlent aussi des musiciens qui dépouillent avec adresse la musique traditionnelle des Alpes, les danses de groupe et les rituels de leur conservatisme et de leurs règles. Rituels séculaires et interprétations contemporaines s’imbriquent dans un ensemble mystérieux et humoristique. 

Simon Mayer est un enfant de Sissil’impératrice, immortalisée à l’écran par Romy Schneider et dont les films, récupérés non sans ironie par bien des gais, illuminent ponctuellement nos écrans télé. Les performeurs, musiciens et danseurs du dernier spectacle de Simon Mayer, quant à eux, sont des fils de Sissy… mais avec un «y», c’est-à-dire, en anglais, des queer. C’est sur cette ambigüité orthographique que se construit Sons of Sissy, qui se donne pour ambition de queeriser le patrimoine autrichien et s’empare des musiques traditionnelles folkloriques et des codes de la danse avec irrévérence et modernité. 

« Simon Mayer fait de ses danses de couples une étude de genre en osant le pas de deux au masculin, la fuite en avant et le final à poil. » Les Inrockuptibles, 2018

Sur scène, tout le monde est à poil ou le plus sobrement vêtu !  C’est la première entorse à la tradition vestimentaire des Alpes autrichiennes, cousue de froufrous, de robes en drap de laine, de chemises, de châles, de bonnets, de tabliers. Chaque pas devient un rythme et le corps tout entier devient un instrument musical. La pudeur et les codes attendus sont remplacés par l’instinct, la brutalité et l’animalité. Quant au jeu social (et galant) qu’induisent les danses folkloriques autrichiennes (les rondes, les duos…),  il se déroule entre hommes qui se caressent la barbe et le visage avant de s’inviter pour quelques pas…  bien éloignés de ceux des films de Sissi!

Ces fils de Sissy font tout ce qu’ils peuvent pour être dignes de leur nom. Débordant de sens et d’humour, ces fils de Sissy anéantissent le stéréotype du modèle de rôle masculin que les traditions maintiennent avec persistance. Ils se transforment en quatuor de musique folklorique et en combo expérimental de danse rituelle. 

L’univers de Simon Mayer d’une incongruité naturelle et décapante. 

Les 10 et 11 avril à l’Usine C, 1345, avenue Lalonde, Montréal (QC)  H2L 5A9

Informations et Billets : http://usine-c.com/sons_of_sissy/ 

-------------------------------------

LISTE DES CRÉDITS SPECTACLE 

Concept, chorégraphie, performance, musique Simon Mayer
Co-création, performance, musique Matteo Haitzmann, Patric Redl, Manuel Wagner
Instruments spéciaux Hans Tschiritsch
Scénographie et conception costume Andrea Simeon
Conception lumière Hannes Ruschbaschan, Martin Walitza
Consultant artistique Frans Poelstra
Directeur technique en tournée Jan Maria Lukas
Éclairage en tournée Sveta Schwin
Production à la création Sophie Schmeiser, Elisabeth Hirner Production en tournée Hiros & Kopf Hoch

Co-production Kopf hoch, brut Wien, Gessnerallee Zurich, zeitraumexit Mannheim, Tanz ist Dornbirn 

Présentation Usine C, avec le soutien de l’Ambassade d’Autriche, de la Chancellerie d’Autriche et du Conseil des arts du Canada

Remerciements Simon Zöchbauer, Julian Rubisch, ALMA (Marlene Lacherstorfer, Julia Lacherstorfer, Evelyn Mair, Marie-Therese Stickler), Godi Burgstaller, Chris Standfest, Andrea Amort, Munderfinger Goaßlschnalzer, Altstädter Bauerngmoa, Pramtaler Volkstanzgruppe, Elio Gervasi/Raum 33