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Fugues 35 ans : Une histoire d’amour et de fidélité

Denis-Daniel Boullé
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Denis daniel Boullé

Non, cela ne fait pas 35 ans que je suis en relation avec Fugues. Seulement  23 ans (juin 1996 pour être plus précis). Ma plus longue relation professionnelle compte tenu de tous les emplois que j’ai pu occuper. Bien sûr, Fugues ne prend pas une ride, alors que je les collectionne, il a grandi au fil du temps, alors que mon tour de taille s’épaissit. Il était presque qu’en noir et blanc à ses tous premiers débuts. Il est passé à la couleur pendant que je devenais poivre et sel.

Fugues, c’est aussi une histoire de famille choisie, d’amitiés qui se sont construites au fil des ans. On a souvent tout dit sur le magazine, du bien comme du pire, c’est le lot de tous les magazines, mais je ne cesse de me rappeler que Fugues est peut-être le dernier magazine francophone, et surtout le seul à se vanter d’une telle longévité. Et se vanter d’être reconnu à l’international aussi via le site, en rejoignant toute la francophonie.
 
Cherchez bien, vous ne trouverez pas d’autres équivalents.
 
Fugues a évolué. Pour les plus âgés, cela ne fait aucun doute, pour les plus jeunes, un simple passage dans nos locaux leur montrerait la lente mais toujours sure évolution de Fugues. Et il a acquis une reconnaissance au-delà de nos communautés. Elles sont rares, très rares, les personnalités publiques du monde des arts, de la politique, de l’économie, etc., qui s’inquièteraient encore de voir leur nom et/ou leur photo associées au magazine. Combien de magazines LGBT peuvent se targuer de publier une entrevue avec le plus haut représentant d’un état, comme nous l’avons fait avec Justin Trudeau.
 
Au fil du temps, nous avons tenté de couvrir tous les champs qui préoccupent ou intéressent nos communautés, les droits, la santé, les arts sans oublier les divertissements. Nous avons aussi à notre actif des collaborations avec de grandes institutions, et pour ne citer que quelques unes, le Musée des Beaux-Arts de Montréal, le Musée McCord et l’Écomusée du fier monde. Comme nous avons soutenu les initiatives et les événements de nombreux organismes LGBTQ2S+  et ce, depuis le tout début, des plus petits aux plus grands, comme le BBCM, Fierté Montréal et bien d’autres.
 
Nous sommes encore le seul média qui mensuellement fait le point sur le VIH/sida, les nouveaux médicaments, les traitements préventifs, ou encore parle des séropositifs. C’est aussi un point, où tout seul dans mon coin, je suis particulièrement fier d’être encore présent et actif dans la lutte contre le VIH/Sida.
 
Nous avons été présents et actifs lors de la grande marche devant menée à l’obtention du mariage. Et croyez-moi, les politiciens lisaient celles et ceux qui s’exprimaient dans nos pages, collaborateurs et -trices régulier.es ou occasionnel.les. Et nous avions des échos de leurs réactions. Et parfois, quelques engueulades avec nos élu.es sur les stratégies à adopter.
 
Avec le temps, nous nous som-mes adaptés. Bien sûr en développant le site internet Fugues, L’Infolettre et d’autres plateformes sur les médias sociaux. Les lecteurs et les lectrices sont au rendez-vous et leurs retours sont aussi plus rapides. On apprend à mieux se connaître ainsi.
 
J’aime toujours autant le sous-titre que Fugues avait adopté il y a quelques années. Fugues, «le reflet de nos communautés». Car c’est ce qu’il est devenu et ce qu’il restera. Un reflet, un miroir, pas toujours exhaustif, car il y a toujours place à l’amélioration à l’intérieur des contraintes avec lesquelles tous les médias doivent composer.
 
Mais le magazine ne serait rien, sans vous, les lecteurs et les lectrices, fidèles au rendez-quand le dernier numéro, tout chaud, tout frais arrive dans les présentoirs (ou via votre courriel). Par votre lecture attentive, vos commentaires toujours judicieux. Sans vous et les annonceurs, Fugues n’aurait pu avoir cette longévité. Nous avons toujours tenu à ce que vous soyez aussi pré-sent.es dans nos pages, par votre engagement entre autres, parce que, comme nous, vous croyez en la force que nous représentons ensemble, à notre immense capacité d’être des réformateurs sociaux, d’être des citoyen.nes à part entières, responsables et très souvent engagé.es. C’est pour vous et avec vous que nous continuerons sinon pour les prochains trente-cinq ans, au moins pour les dix prochaines années.