Développement économique et commercial de Montréal

Comment régler le problème des locaux à louer ?

André-Constantin Passiour
Commentaires
 Robert Beaudry

Avec plusieurs problématiques que connaît présentement le Village – locaux vacants depuis longtemps, hausse exorbitante des loyers, locaux commerciaux vétustes, développement des terrains de Radio-Canada, etc. –  nous avons tenté de faire le tour de plusieurs d’entre-elles avec Robert Beaudry, le conseiller du district de Saint-Jacques et membre du comité exécutif de la Ville responsable du développement économique et commercial ainsi que des relations gouvernementales. Voici donc la première entrevue, réalisée par Fugues,  avec ce conseiller municipal arrivé au pouvoir au mois d’octobre 2017, en même temps que la mairesse Valérie Plante, lors des dernières élections municipales.

Au début des années 1990, plusieurs commerces du Village ont profité de subventions d’un programme appelé «POC» à l’époque, sous le conseiller Sammy Forcillo. Certains voudraient que l’on réactive un tel programme. Est-ce que la Ville est prête à encourager les commerçants avec de telles subventions afin d’améliorer les commerces dans le Village?
 
Nous avons démarré un nouveau programme appelé «Artère en transformation» quand il y a des chantiers de travaux et qui fourni un certain financement pour des rénovations. On va renouveler aussi le «PRAM Commerce», qui est comme l’ancien POC. On va le rendre plus flexible et on va travailler avec nos partenaires, les SDC. Ce sont ici les associations commerciales (SDC) qui en font la demande. J’ai d’ailleurs hâte de rencontrer le nouveau directeur général de la SDC du Village [ndlr : Yannick Brouillette qui succède à Bernard Plante]. Je connais bien les enjeux des locaux dans le Village. 
 
Avec la mairesse Plante nous avons alloué de nouvelles ressources dans PME Montréal pour orienter les entreprises vers les artères d’intérêt, ce qui comprend un nouveau financement en ce qui a trait aux nouveaux modèles d’affaires. Il y a un bouquet de services pour les commerces de proximité, mais il faut en faire la promotion, il y a des fonds et de l’accompagnement pour de tels commerces. […]
 
Certains, autant résidents que commerçants, notent un manque flagrant d’arbres dans le secteur. Est-ce que la Ville a l’intention de verdir la rue Sainte-Catherine?
 
Oui, on veut verdir partout dans le secteur et non seulement sur Sainte-Catherine. Mais c’est toujours délicat parce que si l’on choisit de grands arbres, cela signifie de plus larges trottoirs et, donc, moins d’espaces de stationnement pour les autos. Mais on peut toujours verdir autrement, on va travailler avec notre partenaire la SDC du Village pour que ce soit plus beau et agréable. Cela fait partie du développement du secteur.
 
J’en profite pour dire que les citoyens peuvent donner leurs opinions sur le l’ensemble du développement du quartier des Faubourgs. Il y a déjà eu des rencontres avec les citoyens en février et mars et il y en aura en avril* dans le cadre de l’Office de consultation publique de Montréal (CPM) sur le PPU (Programme particulier d’urbanisme) des Faubourgs.
 
Il va y avoir de grands changements avec le développement des anciens terrains de Radio-Canada et le déménagement de la brasserie Molson. Il y a aussi ici une question du patrimoine, parce qu’il y a de très beaux édifices dans le Village. Comment tout ce développement aura un impact sur le Village?  On veut investir pour développer l’artère, que ce soit beau, agréable et dynamique. Les gens auront encore la chance de venir s’exprimer à ce sujet. On veut avoir leur opinion.
 
Face aux commerces qui restent longtemps inoccupés – exemple : l’ancienne Banque Royale au coin de Sainte-Catherine et Amherst –, est-ce que la Ville n’est pas frileuse à adopter une politique plus restrictive pour obliger les grands propriétaires fonciers à louer leurs locaux qui demeurent vides durant des années ? Ne peut-on pas faire comme d’autres grandes villes comme Paris, Londres, etc. et les forcer à agir ?
 
Oui, il y une volonté de notre part de faire quelque chose. Mais il faut faire attention lorsqu’on compare Montréal avec d’autres villes parce que, en tant que municipalité, on n’a pas les même pouvoirs que certaines villes dans d’autres provinces du Canada, aux États-Unis ou en Europe. On veut mettre sur pied une stratégie en ce domaine vis-à-vis des propriétaires fonciers, comme par exemple le Drugstore qui est à l’abandon depuis des années. Il faut voir comment on peut mandater la Commission du développement économique pour qu’elle étudier la question afin que ce qu’on entreprendra sera vraiment efficace. On fait face à la spéculation, à la hausse des loyers, etc, surtout que dans le domaine des propriétaires non résidentiels il n’y pas de Régie des loyers. Dans le Village, il y a des commerces qui ont fait des choses merveilleuses, qui étaient présent durant longtemps et qui — comme le Mille Grammes par exemple —, ont fermé leurs portes en raison de l’augmentation du loyer. On peut regarder aussi du côté d’une occupation temporaire lorsqu’un local est vide. On est en train d’étudier cette possibilité, par exemple, de faire un «pop up shop», de contribuer à faire connaître un artiste, un artisan ou un créateur dans un local inoccupé. Donc, je veux agir à ce niveau-là au cours de la prochaine année.
 
Dans une entrevue avec La Presse, sur l’avenir de la rue Saint-Denis, vous mentionnez quatre axes pour le développement commercial des rues – soit dynamiser les artères et diversifier l’offre, soutenir la création et le développement de commerces, adapter les politiques municipales aux transformations des modèles d’affaires et aider les commerçants pendant les travaux – est-ce que ces axes sont opérationnels ?
 
Ces quatre axes sont déjà en marche. Celle de l’aide aux commerces pendant les travaux est en fonction pour aider les commerces lorsqu’il y a des travaux d’infrastructures d’une durée de 6 mois et plus, on peut financer jusqu’à  30000$, les commerçants doivent en faire la demande et fournir leurs chiffres de ventes. Il y a aussi notre objectif de désigner certaines artères comme prioritaires – comme la Plaza Saint-Hubert, la rue Sainte-Catherine Ouest et Est, etc. – et ne pas les traiter comme les autres.
 
Dans la dernière année, on a mis sur pied ce plan commerce pour accompagner les commerces sur rue et les aider dans leur développement autant comme commerce de proximité que pour le volet en ligne, pour développer la vente en ligne. Donc on peut les aider à ce niveau-là aussi pour ceux qui désirent le faire. Il y a déjà plusieurs choses en place en ce moment destinées aussi à diversifier l’offre commerciale sur une artère. 
 
Au sujet d’un centre communautaire LGBT, il y a quelque chose qui peut être fait ?

On a pris avec beaucoup d’attention les demandes pour un tel centre en discutant avec les groupes communautaires LGBT. Nous avons financé une étude sur les besoins qui est en cours en ce moment afin de déterminer le comment on peut le faire, quel sont les besoins, quels sont les partenaires, etc. ? Nous savons que les besoins sont très diversifiés les uns des autres.
 
Comme élu du secteur du Village, je suis très content que l’on puisse aider les groupes en ce sens, cela fait longtemps que je connais des groupes comme RÉZO, le Centre communautaire LGBT, etc. L’Étude devrait être terminée en fin d’année. À partir de là, on désire les accompagner dans cette démarche et trouver des solutions, voir comment on peut financer un tel projet. 
 
Enfin, au sujet du changement de nom de la rue Amherst, est-ce qu’on sait quand est-ce que cela se fera ?

Le changement de nom de cette rue est encore à l’étude devant la Commission de la toponymie du Québec, donc cela va se faire, c’est en processus d’étude, mais on ne sait pas quand exactement. Je ne suis pas tout à fait au courant où en est rendu l’étude en ce moment, mais cela va se faire, c’est certain. 
 
*Voir toutes les informations concernant la participation des citoyens aux consultations sur le PPU des Faubourgs sur le site de l’OCPM : faubourgs.ocpm.qc.ca