Je me souviens de...

L’homophobie frappait Joe Rose, il y a 30 ans

Dans la nuit du 19 mars 1989, Joe Rose, jeune homme frêle aux cheveux teints en rose, prend l’autobus à Atwater en direction de l’Est. Il est accompagné alors d’un ami, Sylvain Dutil. Quatre jeunes hommes âgés de 14 à 19 ans montent également dans le véhicule. Les insultes fusent alors à l’égard de Rose et Dutil. On les traite copieusement de fifs et de tapettes…

Puis, le tout devient violent, les deux gais sont pris à parti par la bande d’ados. Des coups de poings, on en vient à plus sérieux: Joe Rose est poignardé à mort alors que l’autobus arrive au métro Frontenac. Rose décède sur place dans le véhicule pendant que son ami tente des manœuvres de réanimation. Les ambulanciers arrivent trop tard…Les quatre jeunes seront reconnus coupables de l’attaque contre Rose et Dutil et du meurtre de Joe Rose et écoperont de 11 mois à 7 ans de prison. L’assassinat de Joe Rose, 23 ans étudiant en soins infirmiers au Collège Dawson, restera comme un des meurtres homophobes des plus violents dans la métropole, il catalysera le mouvement des droits LGBT à Montréal et sensibilisera la société à l’homophobie. Il marquera les esprits de la communauté aux prises, en même temps, avec la propagation du sida et la stigmatisation qu’elle entraîne… Le triste incident de Rose donnera naissance, entre autres, à l’organisme Dire enfin la violence (1995 à 2002) cofondé par Roger LeClerc, Claudine Metcalfe, Michael Hendricks et Douglas Buckley Couvrette. Malheureusement, le crime de Joe Rose tombera dans l’oubli durant des années… Il faudra attendre le 25e anniversaire de sa mort pour que le Collectif Carré Rose Montréal, décide de souligner sa mémoire, en 2014, dans le cadre de la journée de lutte contre l’homophobie.