35 ans de Fugues

De LGBT à diversité sexuelle et de genre

Denis-Daniel Boullé
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à Diversité sexuelle et de genre

Il aura fallu 25 ans pour que l’acronyme LGBT soit utilisé pour désigner les personnes non hétérosexuelles. L’acronyme n’a pas toujours fait consensus, mais sa facilité d’utilisation a contribué au succède de son usage. Cependant au cours des dernières années, beaucoup ont reproché à ces quatre lettres d’occulter des réalités de la diversité sexuelle, et de ne pas tenir compte des spécificités des personnes qui ne se reconnaissaient pas ou peu dans ces quatre catégories.

Depuis le tout début de la catégorization des hommes et des femmes en groupes particuliers en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, il n’y a jamais eu vraiment de consensus autour des différentes appellations données aux minorités sexuelles. Homosexuel, homophile, Lesbiennes, gais, pédérastes, la liste est longue et a toujours été contestée. Certains mots ont connu un peu plus de succès que d’autres sans pour autant rassembler et inclure sous un même vocable, les différentes spécificités de la diversité sexuelle et de genre. 
 
Et depuis quelques années, d’autres termes définissent également la sexualité ou le genre d’un individu comme «queer», «intersexuel», «agenre», «asexuel», «flexuel» ou encore «demisexuel». Même s’il est difficile d’évaluer l’ampleur du phénomène, quelques enquêtes et études récentes auprès des moins de 25 ans semblent indiquer que plusieurs refusent les étiquettes «lesbienne», «gai» et «bi» et veulent d’autres termes pour parler de leur genre et leur sexualité. On a tenté d’augmenter l’acronyme de quelques catégories, comme celui aujourd’hui souvent utilité, LGBTQ2S+, le «plus» pour indiquer non pas une catégorie spécifique mais plutôt l’existence d’autres catégories.
 
Certains sites LGBTQ américains ont définis jusqu’à 70 façons de se définir en fonction de son orientation sexuelle et de son identité de genre. Imaginons alors un acronyme de 70 lettres…
 
Certains ont adopté le terme Queer. Ce terme à l’origine était une injure. Il est aujourd’hui une position politique développée par certain.es théoricien.n.es pour s’inscrire en opposition à la société hétéronormative, patriarcale et capitaliste. Le terme Queer reste controversé ou est souvent utilisé à contresens. Certain.es le rejettent aussi en raison de sa connotation dépréciative, voire injurieuse. Si Queer n’a pas réussi à englober toutes les différentes catégories, si l’acronyme LGBTQ est trop réducteur, une nouvelle terminologie a vu le jour qui susciterait une adhésion plus grande et moins sujet à débat. Et surtout rapidement compréhensible aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos communautés. Des regroupements de jeunes, par exemple, ou encore les célébrations de la fierté utilisent l’expression «diversité sexuelle et de genre».