35 ans de Fugues

Dax Silva et le changement social

Dax Silva, fondateur et PDG de Lightspeed, a su bâtir une entreprise prospère tout en cultivant l'ouverture, la diversité et l'innovation. À 42 ans, Dax Silva sait d’où il vient et n’oublie pas les chances que la vie lui a données. 

« J’ai su à 14 ans que j'étais gai et j’ai fait partie d'un groupe de jeunes gais et lesbiennes à Vancouver. Alors que j’étudiais dans une école catholique de garçons, j’ai eu la chance d’y trouver aussi du support quant à mon orientation sexuelle. Mon père l’a bien acceptée. Ce fut plus difficile pour ma mère qui avait d'autres attentes pour son fils, mais nous sommes toujours très proches, peut-être même plus qu’avant avec ma famille qui suit mes succès et les partage», confiait-il il y a 6 ans. 
 
Entrepreneur à l’âme d'artiste, Dax Silva est le brillant cerveau derrière Lightspeed, une plateforme de point de vente infonuagique desservant des clients dans plus d’une centaine de pays. Née en 2005 dans le Village de Montréal, Lightspeed encourage la diversité parmi ses employés et s’implique activement au sein de la Chambre de commerce LGBT du Québec pour créer des environnements de travail ouverts et accueillants pour tous. Une culture d’entreprise induite par l’expérience. « Nous étions quatre gais à l'origine de Lightspeed», rappelle Dax. «Nous avons donc tout natu- rellement ouvert nos premiers bureaux dans le Village, au coin de Visitation et Sainte-Catherine il y a 15 ans. » 
 
Depuis, Lightspeed a grandi à la vitesse de la lumière: l’entreprise compte aujourd’hui plus de 700 employés et 8 bureaux à travers le monde. Dax a su assurer la croissance de l’entreprise — qui vient de faire une entrée fracassante en bourse — tout en préservant une culture où l’ouverture, la diversité et l'innovation sont au premier plan.
 
En 2015, Dax a également fondé le centre culturel Never Apart, un espace artistique multidisciplinaire de 12 000 pi2 situé dans le Mile-End à Montréal. La mission de cet organisme à but non lucratif : entraîner des changements sociaux positifs à l’échelle mondiale.
 
Entre Lightspeed et l’OBNL Never Apart, Dax Silva ne craint nullement la dualité entre l’homme et la machine. Fort d’une confiance inébranlable en l’être humain, l’homme d’affaires porte ces deux immenses projets avec la foi d’un missionnaire des temps mo-dernes qui compte bien participer à la construction d’un monde meilleur.
 
«Je comprends que certains ont peur de la technologie. C’est normal. Nous vivons entouré de chaos. Les Américains qui ont voté pour Trump n’étaient sans doute pas motivés par la haine. Ils sont simplement habités par la peur du changement, dont le changement technologique et la mondialisation. Comment protéger notre culture? Notre langue ? Nos traditions? L’épuisement de ressources fait peur. Il nous force à changer nos habitudes. Nous pouvons glisser vers un lieu très sombre. Ou émerger vers un nouvel ordre social. Lightspeed et Never Apart misent sur le pouvoir des individus. Une personne peut prendre son egoportrait vingt fois par jour. Mais elle peut aussi devenir, agent de changement.»