États-Unis

80 % des infections au VIH par des gens ignorant leur statut ou pas traités

Associated Press
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VIH

Environ 80 % des contaminations par le virus du sida aux États-Unis sont dues à des personnes ignorant qu'elles sont séropositives, ou des malades connaissant leur statut, mais qui ne sont pas traités, selon une étude publiée lundi par les autorités sanitaires.

En dévoilant ses statistiques, les responsables de la santé publique visent à montrer la pertinence de la stratégie récemment annoncée par le président Donald Trump pour mettre fin à l'épidémie d'ici dix ans dans le pays, et qui a deux grands éléments: rendre les dépistages beaucoup plus fréquents dans la population, et aider les malades à être traités immédiatement, dès les résultats du test.

Ce qui s’est passé cette nuit-là rappellera des choses à ceux qui ont déjà lu sur les violences policières à l’encontre de la communauté LGBT. Le Cooper’s Do-Nuts était un café de nuit à Los Angeles, dans une zone particulièrement pauvre qu’on surnommait Skid Row (traduction: « les bas-fonds »). Fréquentée par des homosexuels, des travailleurs.euses du sexe, des drag-quiens et des personnes qu’on désignerait maintenant comme trans, c’était un point de rencontre pour la communauté LGBT de Los Angeles.

Bien sûr, à l’époque, il existait des lois pour empêcher les LGBT de se rassembler et de faire des choses ensemble, et la police prenant un malin plaisir à harceler les clients du café. Les descentes étaient relativement fréquentes et les policiers arrêtaient en général tous ceux qui se trouvaient sur place. L’une des justifications de ces arrestations était une loi qui obligeait une personne à présenter un genre qui correspondant à ses papiers d’identité — une disposition que des fanatiques continuent à défendre aujourd’hui. 

L'étude, fondée sur des données de 2016, estime que 38 % des contaminations proviennent de personnes séropositives ignorant leur statut, et que 43 % viennent de gens connaissant leur statut, mais pas traitées, soit un total d'environ 80 %. Les 20 % de contaminations restantes viennent de personnes traitées, mais chez qui le virus reste encore présent à un niveau détectable.

C'est principalement dû à des raisons financières, sociales ou autres, qui les empêchent de respecter le traitement antirétroviral, pourtant souvent réduit aujourd'hui à un comprimé par jour avec des effets secondaires faibles.

A l'inverse, l'étude estime que le demi-million de personnes traitées et chez qui la charge virale est devenue indétectable (soit la moitié des personnes ayant le VIH aux États-Unis) sont à l'origine de zéro nouvelle contamination, preuve du succès des médicaments, qui permettent non seulement de vivre mieux et plus longtemps, mais d'éviter de contaminer ses partenaires sexuels.

Dépistage

Le groupe le plus à risque reste, de loin, les homosexuels. La communauté représente plus de la moitié des séropositifs du pays.

Les trois quarts des nouvelles infections sont dues à des relations sexuelles entre hommes. 5 % des infections sont dues à l'usage de seringues de drogues chez des homosexuels hommes. 10 % des infections sont dues à l'injection de drogues et 12 % concernent les hétérosexuels. Le taux d'infection est plus haut chez les jeunes, notamment les 13-24 ans.

Le gouvernement Trump a proposé un investissement nouveau de 291 millions de dollars pour la prochaine année budgétaire afin de redonner une impulsion contre l'épidémie, qui stagne depuis 2013 aux États-Unis à environ 39.000 contaminations par an. Le but est de réduire ce nombre de 75 % en cinq ans et 90 % en dix ans.

Interrogé sur le faible montant demandé pour cette première année, par rapport aux milliards de dollars supplémentaires que les traitements devraient coûter, Robert Redfield, directeur des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC), a répondu être « certain que les moyens nécessaires pour accomplir la mission seront dans le plan à long terme ».

Les CDC veulent que les médecins fassent prendre à leurs patients le test de dépistage de façon routinière. « Tout le monde entre 13 et 64 ans devrait faire un test de dépistage au moins une fois dans sa vie. Pour les personnes à risque, au moment une fois par an », a dit Eugene McCray, directeur de la prévention VIH/sida aux CDC.

Il faut également « aider les patients à suivre leur traitement », répètent les auteurs de l'étude, ce qui passe notamment par un renforcement du programme fédéral VIH/sida « Ryan White », destiné aux malades pauvres ou sans assurance. Et pour tous les médecins, Jonathan Mermin, directeur du centre VIH/sida des CDC, insiste: « Aider les patients qui ont du mal à payer, récupérer ou prendre leurs médicaments tous les jours est du temps bien utilisé ».