Estonie

Les minorités préoccupées par des discussions de coalition avec l'extrême droite

L'agence AFP
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L'Estonie est au coeur des préoccupations des défenseurs de la démocratie et des minorités du fait d'une initiative sans précédent visant à inclure un parti d'extrême droite dans le prochain gouvernement de cet État balte.

Le Premier ministre sortant, Juri Ratas, dirigeant du Parti du centre EKE, a lancé la semaine dernière des discussions de coalition avec le parti d'extrême droite EKRE, après la forte progression de ce dernier lors des élections législatives début mars. Juri Ratas, qui a été vivement critiqué même au sein de son propre parti, cherche à rester au pouvoir et à empêcher le parti libéral Réforme, vainqueur des législatives, de former un gouvernement.

Mart Helme, dirigeant d'EKRE, a à plusieurs reprises publiquement exprimé des opinions xénophobes, sexistes et homophobes, et parmi les membres de son parti ont figuré des personnes reconnues coupables de crimes et des sympathisants nazis. « De nombreuses déclarations de ce parti sont hostiles envers les minorités nationales et visent à diviser la société entre initiés et exclus. Cela ne peut que provoquer frustration et regret », a déclaré la communauté juive d'Estonie dans un communiqué.

Le chef de l'église évangélique luthérienne d'Estonie, l'archevêque Urmas Viilma, s'est excusé pour cet incident dans une lettre ouverte. Mais le site d'EKRE l'a qualifié de fausse nouvelle. La police de Tallinn a ouvert une enquête sur un autre incident, des inconnus ayant peint des croix gammées sur la façade du siège du parti de Juri Ratas. Celui-ci est perçu comme une réaction aux pourparlers en cours.