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La télé, ça change pas le monde, sauf que…

Samuel Larochelle
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Si certains affirment que la télévision est souvent un miroir de là où la société est rendue, certaines émissions ont pris les devants en faisant évoluer les mentalités.

Alors que Réjean Tremblay a fait réagir les téléspectateurs en imaginant une violente réaction homophobe d’un père envers son fils, à l’époque où Jacques Mercier dirigeait la destinée du National, le scénariste a franchi un pas de plus des années plus tard en créant un personnage de hockeyeur dur à cuir qui se suicide après son coming-out. 
 
La télévision québécoise a également été marquée par la présence d’un personnage homosexuel dans une série pour ados, lorsque Serge Postigo interprétait Joël Cusson dans Watatatow au début des années 90. 
 
cover girl fugues coverEn 1996, Pierre Brassard se transformait en femme pour réaliser des entrevues dans Politiquement Colette, mais il a fallu attendre près d’une décennie avant de voir des drag-queens au cœur d’une émission récurrente (exception faite de la participation de Mado à La vie rurale), alors que la télésérie Covergirl  levait le voile sur l’univers des drags avec des personnages comme Cherry Sundae, Veronica Sinclair, Joujou Velcro et Lana Brown. 
 
Si la presque totalité des fictions québécoises ont désormais un personnage gai, lesbien, bisexuel, trans ou carrément les quatre, force est d’admettre que certaines histoires ont fait cheminer les téléspectateurs davantage. On a qu’à penser à l’homoparentalité présentée avec simplicité, réalisme et humour dans Lâcher Prise ou à la sexualité lesbienne assumée plutôt que cachée dans Unité 9.
 
Aux États-Unis, bien du chemin a été parcouru depuis 1992, alors qu’un premier personnage ouvertement homosexuel évoluait dans un feuilleton. Vous souvenez-vous de Matt Fielding dans Place Melrose? Cinq ans plus tard, Ellen DeGeneres causait une commotion en faisant un coming-out dans sa sitcom, avant de perdre son émission, de traverser un désert professionnel pendant des années et de connaître un succès incontestable avec son talk-show quotidien. 
 
En 1998, la désormais série culte Will & Grace devenait la première sitcom diffusée aux heures de grande écoute à mettre en lumière des personnages gais. 
 
L’année suivante, Queer as folk frappait un grand coup en illustrant – avec quelques excès parfois discutable – plusieurs réalités plus ou moins glorieuses de la vie d’homosexuels britanniques avec Brian, Justin, Michael, Emmett et Ted. Au tournant du nouveau millénaire, les Américains ont adapté la télésérie en lui donnant cinq saisons. Nos voisins du Sud ont également eu droit au premier baiser entre deux hommes en heures de grande écoute dans Dawson’s Creek, quand Jack McPhee et son amoureux Ethan se sont embrassés.
 
Impossible de passer sous silence la première fiction américaine consacrée majoritairement à des personnages lesbiens, alors que The L World a été en ondes de 2004 à 2009. 
 
Le 23 septembre 2009, ABC a débuté la diffusion de Modern Family, dans laquelle Cameron et Mitchell ont normalisé l’homoparentalité à la télé américaine. 
 
Soulignons le travail de pionnière de Laverne Cox, actrice trans qui a joué un personnage trans dans Orange is the new black, qui lui a valu un Emmy award. 
 
Dans un même ordre d’idée, la télésérie Billions a vu apparaître le premier personnage non binaire de la télé américaine, un rôle confié à une personne également non binaire, Asia Kate Dillon. Si RuPaul’s Drag Race est devenu un phénomène mondial, tant dans la communauté LGBTQ que chez plusieurs hétéros, au cours des dix dernières années, il convient également de souligner le fait qu’une ex-participante de l’émission, Courtney Act, animait à l’automne 2018 The Bi Life, la première téléréalité pour bisexuels, pansexuels et personnes à la sexualité fluide.
 
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