Fondation émergence

Les athlètes qui font bouger la communauté

Samuel Larochelle
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ERIC RADFORD
Gus Kenworthy
  • ERIC RADFORD
  • Gus Kenworthy

Le sport est l’un des milieux les plus fermés à la diversité, mais on remarque une évolution notable grâce à certaines vedettes qui servent de modèles.

Abby WambachMartina Navratilova, l’une des plus grandes joueuses de l’histoire du tennis, est sortie du placard en 1981, avant la création du magazine, mais son geste a inspiré quantité de joueuses à s’afficher en tant que lesbiennes, comme Billie Jean King et Amélie Mauresmo. Lors d’une grande entrevue avec Oprah en 1995, le plongeur Greg Louganis a parlé publiquement de son homosexualité pour la première fois, quelques années après avoir annoncé sa séropositivité. Treize ans plus tard, lors des Jeux olympiques de 2008, un autre plongeur, Matthew Mitcham, est devenu le premier athlète ouvertement gai à gagner l’or olympique. En 2013, le plongeur Tom Daley a fait son coming-out public dans un témoignage vidéo qu’il a publié sur les réseaux sociaux. Depuis, il partage des extraits de ses amours avec Dustin Lance Black (le scénariste du film Milk) et l’arrivée dans leur vie d’un poupon.
 
Il a fallu attendre une autre décennie pour qu’un athlète imite l’exploit de Mitcham aux Jeux d’hiver, lorsque le patineur artistique canadien Éric Radford est monté sur la plus haute marche du podium à Pyeongchang. Lors de la même compétition, le patineur américain Adam Rippon avait également marqué les esprits en remportant le bronze et en assumant pleinement sa flamboyance. Autre fait à noter lors des JO présentés en Corée du Sud: le skieur Gus Kenworthy n’a pas hésité à embrasser son amoureux devant les caméras du monde entier après son épreuve. Parmi les autres coming-out notoires de l’histoire, notons la gardienne de buts Charline Labonté, la joueuse de soccer Abby Wambach et le nageur Mark Tewsbury, qui a révélé son orientation sexuelle quelques années après sa retraite sportive.
 
Les athlètes LGBTQ ont également connu leur lot de moments sombres. En 2009, le hockeyeur Brendan Burke est sorti du placard en affirmant que les commentaires homophobes dans les vestiaires l’avaient poussé à quitter le sport. En 2010, les commentateurs Claude Mailhot et Alain Goldberg ont été forcés de s’excuser après avoir déclaré que le patineur Johnny Weir devrait passer un test de féminité, en raison de son costume coloré. Un épisode qui est non sans rappeler la controverse entourant la coureuse Caster Semenya, décrite comme une femme hyper-androgène, puisque son corps produit naturellement beaucoup de testostérone et lui donne une allure «masculine». Elle avait été obligée de se présenter devant le Tribunal arbitral du sport pour obtenir le droit de compétitionner. Depuis, elle accumule les titres et s’affiche ouvertement lesbienne. En 2014, le footballeur Michael Sam a écrit une page d’histoire en devenant le premier homme ouvertement gai à être repêché par une équipe de la NFL. L’année suivante, lorsqu’il a signé avec les Alouettes de Montréal de la LCF, le chroniqueur du Journal de Montréal, Marc De Foy, avait exprimé sa surprise d’entendre un homosexuel avoir hâte de retourner frapper quelqu’un sur le terrain…
 
Équipe Montréal a bientôt 30 ans
En 1990, des sportifs gais et lesbiennes ont fondé Équipe Montréal pour participer à un événement international organisé à Vancouver. Depuis, l’association est devenue LA référence des clubs de sports et loisirs pour les membres de la communauté LGBTQ+ et plusieurs allié.es. Au programme, ligues organisées, tournois, concerts et événements sociaux pour les amateurs de rugby, natation, badminton, hockey, dodgeball, tennis, volley-ball, bateau dragon, squash, course, marche, football australien, aérobie, balle molle, touch football, soccer, chant, lecture, jeux vidéo, bridge, danse country, plein air, curling, théâtre, football gaélique, club social.
 
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