«La Maison Bourbon»

Favoriser des loyers modiques pour les groupes communautaires

André-Constantin Passiour
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Le projet domiciliaire du Bourbon remplacera l’ancien Complexe du même nom. Situé dans le Village, cet édifice abritera non seulement des commerces au rez-de-chaussée, mais son 2e étage sera entièrement consacré à un espace de bureaux pour des groupes communautaires et ce, à coût abordable. Dans l’objectif de soutenir les organismes dans leurs besoins de locaux, Investissements MSC Canada, le constructeur du Bourbon, a fondé un OBNL (organisme à but non lucratif) appelé la «Maison Bourbon». On veut ainsi favoriser ici le partage de locaux entre les groupes en vue de réduire les frais de loyers.

Rappelons que ce projet de condos sur Sainte-Catherine Est, entre Alexandre-de-Sève et Champlain, offrira 103 superbes condos. La facture design a été confiée, quant à elle, à la firme d’architectes l’Atelier Robitaille-Thiffault. Le tout étant réparti sur neuf étages avec piscine sur le toit et une salle de gym ultra moderne.
 
Si la «Maison Bourbon» a été créée dans l’objectif de gérer ainsi le 2e étage de la bâtisse, il y a bien plus que cela en fin de compte. «Il y a ici plusieurs aspects, dit Labid Aljundi, président d’Investissements MSC Canada. Bien sûr, il y a la problématique du manque de moyens pour les groupes de payer un loyer. Cela fait maintenant quatre ans que je travaille avec les groupes communautaires du secteur. J’ai remarqué, en les rencontrant, qu’il y a franchement, et je le dis ici simplement, un manque de communication entre eux. Ils ne se parlent pas, ce que j’ai trouvé bizarre d’ailleurs. […] Il y a également le manque de subventions pour venir en aide de manière générale aux divers groupes. On a discuté avec la Ville à ce sujet, mais jusqu’à présent on n’a pas trouvé de solutions. D’où l’idée de fonder la Maison Bourbon et le concept d’espaces partagés (coworking) pour les organismes communautaires.»
 
Mais à quoi ressemblera donc ce 2e étage qui est tout de même d’une superficie de plus de 11 000 pi2? On y trouvera la réception commune et l’espace de «coworking», puis un local plus social pour se rencontrer, manger, etc., et une grande salle de réunion pouvant recevoir jusqu’à 235 personnes.
 
«L’idée générale est de trouver une solution à cette problématique des loyers, aider les groupes communautaires et leur rendre service», souligne M. Aljundi qui est d’origine syrienne. Dans ses prévisions, la Maison Bourbon estime être en mesure de louer des espaces de bureaux neufs autour de 10$ à 17$ du pied carré et ce, en sachant qu’en ce moment même, dans le Village, le taux est de 24$ à 34$ du pied carré. «Notre objectif fait en sorte que tout le monde se retrouve gagnant puisque nous contribuons à animer positivement un secteur de la Ville qui a été trop souvent délaissé au cours des dernières années, souligne Labid Aljundi, ingénieur de gestion. Nous espérons que cette contribution au développement communautaire permettra à des organismes d’atteindre leurs objectifs.» D’ailleurs, le conseil d’administration de la Maison Bourbon sera formé, en partie, de représentants d’organisations communautaire. De plus «j’ai demandé, également, aux HEC Montréal de nous aider à trouver un plan opérationnel pour la gestion de ce projet spécifique», indique M. Aljundi qui possède justement un MBA de l’École des HEC (en 2005).
 
Avec son diplôme de l’Institut Supérieur de Sciences Appliquées et de Technologies (ISSAT) de Damas (1995), en tant qu’ingénieur de gestion, Labid Aljundi s’installe au Canada en 2003. Mais qu’est-ce qu’un ingénieur de gestion? «C’est une concentration particulière en informatique appliquée à la gestion, pour analyser, bâtir et optimiser un tel programme. Ce sont des études dont le 2e cycle est une collaboration avec la France. J’ai donc eu des professeurs français pour mon 2e cycle. C’est comme ça que j’ai appris le français d’ailleurs», dit M. Aljundi. Puis, cet ingénieur passera quelques années au Koweït avant d’arriver au Canada.
 
Mais en 2008, «la crise économique frappe assez fort et je suis parti pour le Qatar où j’ai travaillé là bas plusieurs années, mais j’avais toujours la volonté de revenir ici», note Labid Aljundi. Il œuvre ainsi au sein de Multi Services Company Qatar, mais il garde un œil ici avec des collaborations avec des entreprises canadiennes et québécoises en haute technologie telles que L3 Technologies, AirBoos, COENCORP ou encore Zodiac. En 2014, M. Aljundi revient de manière plus définitive à Montréal avec l’acquisition, entre autres, dans le domaine immobilier. «Je voulais bâtir quelque chose de façon plus permanente ici et une façon de le faire était de créer Investissements MSC Canada et entreprendre le projet du Bourbon que je suis très fier de développer», souligne Labid Aljundi.