Chevalier Morales architectes

Relecture de Frank Lloyd Wright dans la Vallée du Parc

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Photo prise par © Chevalier Morales architectes
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La Résidence de la Vallée du Parc s’implante au creux d’une vallée bucolique en Mauricie. Inspirée à l’origine par une relecture du travail de l’architecte américain Frank Lloyd Wright, le plan de la maison est modulé par l’insertion étudiée de plusieurs terrasses et sa relation à l’automobile. De loin, l’œil remarque surtout la toiture étrangement angulée qui établit une réciprocité géométrique avec les collines des environs.

 
Le développement conceptuel de ce projet fut teinté dès le départ par une touche de nostalgie. Le site même de la maison fut le lieu de tournage principal des scènes extérieures des Filles de Caleb, une série télévisée des années 1990 inspirée du roman d’Arlette Cousture et devenue mythique depuis. Vues imprenables, collines ondoyantes, granges ancestrales et flore sauvage : chaque aspect du lieu ramenait constamment les architectes au populaire récit fictionnel campé au début du 20e siècle, en plein cœur du Québec rural.
 
En contemplant ce paysage bucolique, presque irréel, les architectes se sont naturellement tournés vers l’œuvre de Frank Lloyd Wright. En particulier pour les importantes connections visuelles qu’il a constamment établies entre les espaces intérieurs et extérieurs au sein de ses projets résidentiels iconiques.
 
L’horizontalité perçue de la maison est créée par l’ampleur du programme – six chambres, deux salles familiales, quatre salles de bain et trois espaces de garage – qui est principalement distribué au rez-de-chaussée.
 
À défaut de se fondre à l’horizon, la toiture aux plans inclinés et aux angles irréguliers ainsi que son absence totale de surplombs établit plutôt un dialogue avec les collines ondulantes du paysage environnant. Elle se métamorphose constamment en fonction de l’angle d’approche de la résidence. Plutôt que de flotter au-dessus d’un plan ouvert, le toit forme un tout avec les murs extérieurs, renforçant l’impression d’un objet architectural ancré dans le paysage. De l’intérieur, les facettes du toit sont révélées et contribuent à unifier les espaces de vie sous une voûte complexe et étonnante.
 
Outre les multiples études de toiture développées pour le projet, la maison s’ancre sur le site à travers différentes terrasses qui se projettent directement dans la vallée. Celles-ci sont le résultat de soustractions au volume initial qui offrent ainsi des qualités spatiales et de lumière naturelle variées. La principale terrasse est située près de l’entrée pour créer un effet de compression. Elle aspire le paysage au cœur de la maison pour offrir un jardin intime aux propriétaires. L’idée d’un jardin défini par l’architecture de la maison est inspirée par les maisons de Wright.
 
Les murs extérieurs sont recouverts de planches de bois brut teintes noires et d’épaisseurs variées. Cela crée une texture unique et dynamique qui change continuellement selon la lumière naturelle du jour et des saisons.
 
Pour les ouvertures, deux stratégies furent appliquées dans la composition architecturale. Des murs-rideaux sont utilisés pour les ouvertures créées par les soustractions des terrasses alors qu’ailleurs ce sont des fenêtres typiques. Ces dernières se projettent cependant à l’extérieur de l’enveloppe, tels des yeux exorbités qui cadrent des vues spécifiques. Les détails intérieurs reflètent la double nature de la stratégie de la fenestration.
 
Par sa géométrie originale, la richesse de ses textures et la connexion spatiale qu’elle établit avec son environnement, la Résidence de la Vallée du Parc initie un dialogue sur la question délicate de l’intégration architecturale dans un environnement tel que celui-ci.  

À propos de Chevalier Morales architectes
Fondée en 2005 par Stephan Chevalier et Sergio Morales, l’agence Chevalier Morales architectes propose une architecture contemporaine sensible et responsable à de multiples niveaux. Leur lecture sans cesse renouvelée du contexte, entendu dans son sens large, donne naissance à des projets qui prennent racine dans leur territoire culturel. La firme s’est notamment illustrée en remportant plusieurs concours d’architecture de projets institutionnels et culturels comme la bibliothèque Saul-Bellow (Lachine, 2014), la Maison de la littérature (Québec, 2017), la bibliothèque de Drummondville (Drummondville, 2017) et la bibliothèque de Pierrefonds (Montréal, en cours). Elle développe également des projets résidentiels remarqués tels que la Résidence Roy-Lawrence (2014) et la Résidence de la Vallée du Parc (2017).

Fiche technique
Lieu / Vallée du Parc, Québec, Canada 
Superficie / 434 m2
Collaborateurs / Géniex, Aubin Pélissier