Une «rallonge» bienvenue

Quelle sera la part LGBT ?

Michel Joanny-Furtin
Commentaires
Parlement

Dans le cadre de son budget 2019-2020, le gouvernement vient d’annoncer l’injection de 30 millions $ supplémentaires au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du ministère de la Santé et des Services sociaux. Cette «rallonge» réjouit les organismes communautaires et reconnaît «leur apport essentiel à l’amélioration de la santé et du bien-être de la population québécoise», affirme la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles. Une décision qui amène toutefois quelques questions.

Une première série de questions concerne le ministère de la Santé et des Services sociaux puis la seconde série s’adressait au ministère de la Justice, responsable de la lutte contre l’homophobie. Tous deux en charge des relations avec les médias, Noémie Vanheuverzwijn (Santé/Social) et Paul-Jean Charest (Justice) ont répondu à Fugues.
 
Ce budget de 30M$ sera-t-il attribué par un seul ministère ou bien s’agit-il d’une somme globale versée par plusieurs ministères concernés (Éducation, Santé, Justice, Culture, Affaires municipales, etc.)?
 
Ce budget additionnel est sous la responsabilité du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Il est important de mentionner que cette enveloppe budgétaire ne découle pas d'engagements figurants dans le Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie et la transphobie 2017-2022.
 
Puisqu’on parle de sommes supplémentaires, quel était le budget initial?
 
Au 31 mars 2018, 3 591 organismes communautaires, répartis dans dix-sept régions socio-sanitaires du Québec, étaient financés dans le cadre du PSOC, pour un montant total de 600 357 925$.
 
S’agira-t-il de subventions uniquement dédiées à la mission des groupes comme ce fut le cas l’an passé, ou bien parlons-nous de nouveaux programmes?
 
Le budget 2019-2020 prévoit un investissement additionnel de 30 millions de dollars par année à compter de 2019-2020 pour bonifier le Programme de soutien aux organismes communautaires. Des travaux seront réalisés afin de déterminer les modalités de répartition des nouvelles sommes. Les organismes seront avisés dans les meilleurs délais.
 
Quelle proportion de cette somme de 30M$ ciblera les groupes communautaires LGBTQ+ entre la lutte contre l’intimidation, l’homophobie et la transphobie; l’assistance et l’information pour lutter contre le VIH; les organismes de défense des droits LGBTQ+; et les organisateurs d’évènements LGBTQ+?
 
Le ministère de la Justice ne peut se prononcer sur les attributions de cet investissement additionnel parce que ces crédits n'ont pas encore été votés à l'Assemblée nationale. De plus, une fois ce processus complété, le Conseil du Trésor devra à son tour approuver la programmation budgétaire des dépenses de transfert. Cette approbation devrait survenir vers la fin de l'été 2019.
 
Le Bureau de lutte contre l’homophobie sera-t-il l’interlocuteur des groupes communautaires LGBTQ+ pour les appels de projets, ou bien y aura-t-il une autre structure?
 
Il n'y a aucune incidence de cette annonce sur les éléments de mission du Bureau de lutte contre l'homophobie. Le ministère de la Justice compte maintenir ses engagements au regard du soutien apportés aux organismes communautaires engagés dans la lutte contre l'homophobie et la transphobie (Action No 9 du Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie et la transphobie 2017-2022). Soulignons au passage que les organismes des communautés LGBTQ+ peuvent présenter des demandes d'aide financière à d'autres ministères que le ministère de la Justice, dans la mesure où ces demandes respectent les critères d'admissibilité de leurs programmes respectifs
 

Aide financiaire de 569 000$

 
Dans le cadre du programme Lutte contre l'homophobie et la transphobie, le gouvernement du Québec annonçait, fin février, une aide financière de 569 000 $ destinée à la réalisation de 20 projets proposés par des organismes communautaires.  « Je tiens à remercier tous les organismes qui ont soumis des projets, a déclaré la ministre responsable de la lutte contre l'homophobie, la ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia LeBel. Ces initiatives contribueront à franchir un pas de plus vers une société exempte d'homophobie et de transphobie. Leur engagement est essentiel, non seulement pour renforcer les actions déployées par le gouvernement du Québec, mais également pour mobiliser l'ensemble des Québécoises et des Québécois autour d'un désir commun d'égalité et de respect des droits des personnes de minorités sexuelles et de genre. C'est en unissant nos efforts que nous pourrons favoriser la pleine reconnaissance juridique et sociale des personnes LGBTQ. »
 
Le programme Lutte contre l'homophobie et la transphobie appuie des initiatives d'organismes faisant la promotion des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et queer (LGBTQ). Depuis sa création en 2011, 3,2 millions de dollars ont été octroyés à 137 initiatives d'organismes du milieu.
 
Cette année, une attention particulière a été accordée aux activités de sensibilisation en lien avec la violence conjugale ainsi qu'aux projets destinés à répondre aux réalités particulières des personnes autochtones LGBTQ ou bispirituelles. De plus, une priorité d'attribution a été accordée aux initiatives visant à lutter contre les violences sexuelles par la prévention et la formation des intervenants et intervenantes auprès des victimes.