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Nouveau volet LGBTQ2+ chez les Grands Frères et Grandes Sœurs

Samuel Larochelle
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LGBTQ2+ chez les Grands Frères et Grandes Sœurs

Plus de 105 ans après la création des Grands Frères/Grandes Sœurs au Canada, la branche de l’organisation œuvrant dans la région de Montréal lance un programme de jumelage entre des jeunes et des adultes issus de la communauté LGBTQ2+.

Démontrant depuis des décennies l’influence du mentorat dans le développement des enfants et des adolescents, l’organisme élargit la portée de ses programmes aux jeunes susceptibles de vivre des défis supplémentaires, comme les LGBTQ2+ âgés de 6 à 21 ans. «De 6 à 10 ans, ce ne sont pas tous les jeunes qui ont réalisé qu’ils sont LGBTQ2+ ou qui ont fait leur coming-out, mais il y en a et on veut que le mentorat leur soit accessible. La majorité des jumelages concernent des adolescents. Plusieurs jeunes ont besoin d’être accompagnés par un adulte de la même orientation ou identité sexuelle qu’eux, pour parler de leur vécu et de ce qui les attend», explique Maxime Bergeron-Laurencelle, directeur exécutif de l’organisation. L’objectif: créer des relations significatives qui traversent le temps. «Dans le reste du Canada, les relations de mentorat durent en moyenne 18 mois. Au Québec, c’est environ cinq ans. On s’assure de jumeler un adulte et un jeune qui ont des énergies similaires et des intérêts semblables pour que ça fonctionne.»
 
Deux options s’offrent aux bénévoles: une rencontre avec le jeune en milieu scolaire pour discuter ou faire une activité ou une demi-journée d’activité par deux semaines durant les week-ends, avec une conversation téléphonique ou sur vidéo pour prendre des nouvelles la semaine suivante. «Les activités peuvent être variées: aller à la Ronde, faire du sport, s’amuser aux glissades d’eau, aller au parc. Ça n’a pas besoin d’être une activité grandiloquente qui coûte cher. Puisque les parents paient l’activité et que le bénévole paie pour lui, si les activités sont constamment dispendieuses, les parents ne pourront plus suivre.»
 
Au fil des discussions entre les jeunes et leurs mentors, des questions en tous genres peuvent surgir. Y compris sur la sexualité. «Peu importe que le jeune soit hétéro ou LGBTQ2+, on dit à l’adulte de l’accompagner dans ses questionnements à partir d’où il est. Il peut répondre à des questions pratico-pratiques, sans parler de sa sexualité et de ce qui l’anime. On offre aussi des formations aux bénévoles qui en ont besoin. Ce n’est pas parce que tu fais partie de la communauté que tu as toutes les réponses. L’idée n’est pas de devenir un modèle à imiter, mais d’être un mentor qui accompagne.»
 
Inévitablement, l’organisation devra affronter certains vieux préjugés associant les membres de la communauté LGBTQ2+ et la pédophilie. «Certains parents vont peut-être avoir ce genre de réactions, mais nous, on est rendus là face à l’inclusion. Le mentorat est un outil formidable. On ne veut pas priver les jeunes de ressources importantes pour leur développement à cause des préjugés. Si les parents refusent, on ne peut rien faire. Mais si un jeune LGBTQ2+ âgé de 14 ans et plus veut être jumelé à un adulte de la même orientation ou identité sexuelle que lui/elle, sans en parler à ses parents, il pourra le faire.» Évidemment, l’organisation vérifie les antécédents criminels de tous les bénévoles. Sans oublier l’imposant processus de vérification des individus. «Il y a huit étapes entre la mise en candidature et la rencontre avec un enfant, incluant une entrevue de sélection monumentale. On retient 60% des demandes de bénévolat. La sécurité des enfants prime sur tout.»  
 
LGBTQ2+ chez les Grands Frères et Grandes Sœurs