L’accès au marché international pour les entrepreneurs LGBT+

Michel Joanny-Furtin
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L’accès au marché international pour les entrepreneurs LGBT+
La Chambre de commerce LGBT+ du Canada (CGLCC) a organisé fin mars à Montréal, une Table ronde sur les Entreprises LGBT+ et les marchés mondiaux, pour comprendre les attentes de plusieurs entrepreneurs LGBT+ québécois afin de faciliter leur développement à l’international. 
«Organisé en collaboration avec Affaires mondiales Canada (AMC) et Exportation et Développement Canada (EDC), cet exercice est le premier du genre auprès de la communauté d’affaires LGBT+ du Canada», explique Richard Martin, directeur, Programme mondial et Relations gouvernementales à la CGLCC. La Table ronde «s’inscrit en complément au sondage national qu’a mené la CGLCC sur ce sujet. Les entrepreneur.es LGBT+ qui y sont déjà ou songent aux marchés mondiaux, nous font part de leurs préoccupations, voire leurs expé-riences dans ce domaine. Les commentaires recueillis nous aideront, et nos partenaires, à mieux soutenir les entreprises LGBT+ du Québec et du Canada en matière de commerce international.»
 
Il y a 40 ans, mis à part les commerces et services de proximité dans le Village, peu de propriétaires LGBT d’entreprise faisaient leur coming-out, car ils crai-gnaient de perdre leur clientèle. «Or, le monde a changé et un nouveau potentiel d’affaires se dessine avec la mondialisation qui ne se limite plus à des relations locales», avance-t-il. «Des entrepreneur.es LGBT+ s’affichent désormais dans des secteurs comme la finance, les technologies, l’agro-alimentaire, le médico-social, la construction, etc.», relate Richard martin. « Il y a aussi un réseau international de Chambres de commerce LGBT+ en expansion, en particulier à travers les Amériques. Toutefois, même si les choses évoluent, faire ou non un coming-out en tant qu’entrepreneur.es LGBT+ peut demeurer encore une préoccupation pour certains en regard des attitudes changeantes de la part de certains partenaires ou clients avec qui ils font des affaires, notamment à l’étranger.»
Cela dit, l’enquête de la CGLCC a confirmé que beaucoup de PME LGBT+ font déjà des affaires à l’étranger et que leurs entreprises connaissent une croissance plus internationale que locale; « et que celles qui ne le font pas encore ont l’intention d’élargir leurs activités à l’extérieur du Canada au cours des prochaines années ». De fait, les entreprises de propriété LGBT+ contribuent déjà beaucoup à l’économie du Québec et du Canada. Les trois paliers de gouvernements reconnaissent de plus en plus la place et l’apport de la communauté d’affaires LGBT+ à l’environnement économique.
 
Certification Entreprise LGBT+
La CGLCC est l’organisme canadien responsable de certifier une entreprise "LGBT+", lorsque cette dernière est possédée majoritairement par un ou des propriétaires LGBT+.
 
«Le concept de certification d’entreprise vient du gouvernement fédéral américain qui, après la Seconde Guerre mondiale, visait à favoriser l’attribution de contrats gouvernementaux à des PME possédées par des vétérans», rappelle Richard Martin. Depuis, le concept de certification d’entreprise s’est élargi aux femmes et à d’autres communautés d’affaires minoritaires.
 
Selon le directeur, les grandes entreprises américaines ont aussi emboîté le pas en établissant leur propre programme de «diversité des fournisseurs certifiés». Habituellement, environ de 3 à 5 % de leurs fournisseurs doivent provenir de la diversité (femmes, communautés culturelles, diversité de genres, handicaps, etc.). « La certification "Entreprise LGBT+" vise à faciliter l’intégration de ces dernières aux chaînes d’approvisionnement de ces grandes entreprises. Cette approche de diversité des fournisseurs certifiés est reprise de plus en plus par de grandes entreprises canadiennes », conclut Richard Martin.