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A fall in Autumn

Benoit Migneault
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A fall in Autumn

L’action se situe environ 9000 ans dans le futur au sein de la dernière des mégalopoles volantes de la Terre: Autumn. Dernière puisque la précédente s’est écrasée il y a quelque temps à peine.

A fall in AutumnL’auteur présente une dystopie où l’humanité est divisée en classes sociales relativement rigides où seule une fraction de la population bénéficie, à différents degrés, de privilèges. La première caste est en mesure de sélectionner certaines caractéristiques génétiques, comme dans un menu à la carte, afin de bénéficier d’avantages. Ces manipulations peuvent se faire avant la naissance ou après afin d’assurer le maintien de la perfection ainsi atteinte. Ce groupe se fait appeler les Plus. On retrouve également les Mannies, un croisement entre humains et animaux, considéré comme des domestiques de basse extraction. Finalement, les Arties, des enfants naturels sur lesquels aucune manipulation générique n’a été réalisée. Ils sont regardés avec un mélange de fascination, confinant parfois au fétichisme, ou de dédain par les Plus et sont maintenus dans des camps à titre de sauvegarde génétique dans l’éventualité où les manipulations de l’ADN cafouilleraient et où il faudrait revenir à une version précédente. Valerius Bakhoum est un Artie qui s’est échappé d’un camp et subsiste en offrant ses services à titre de détective (et parfois de prostitué, puisqu’il faut bien vivre). Chacun est cependant en mesure d’identifier son statut de «naturel»: il a des rides d’expression, ses cheveux grisonnent et son visage est marbré par une cicatrice. Il fait la rencontre d’Alejandro, un golem (un robot humaniforme) à la beauté envoutante qui dit avoir été témoin d'un crime atroce commis par ce qui semble être un ange, à savoir la destruction de la cité volante, détruite il y a peu. Sceptique, Valerius accepte cependant la mission. Après tout, il a un loyer à payer et, par ailleurs, il ne parvient pas à se sortir de la tête l’énigmatique et séduisant golem. La vérité s’avèrera beaucoup plus complexe et sinistre qu’il n’aurait cependant pu l’anticiper!
 
Il faut souligner le talent dont fait preuve Michael G. Williams dans la construction et le développement de ses personnages: on croit en ses derniers et en leur quête. Il réussit par ailleurs, à élaborer une vision d’un futur qui demeure étonnamment cohérent et détaillé sans en faire un décor séduisant ou exotique. En effet, pour que le lecteur soit en mesure de s’investir dans un univers inventé de toutes pièces, les enjeux se doivent d’être crédibles et le pari est ici remporté avec brio, que ce soit au cœur des détails de la vie quotidienne qu’au sein du fondamental, de l’universel.