Festival de Cannes

Polémique autour de la Palme d'honneur à Alain Delon après ses propos homophobes et misogynes

L'agence AFP
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Alain Delon
Photo prise par © Alain Delon / AFP

Alain Delon, auquel le festival va remettre une Palme d'honneur, est au coeur d'une polémique en raison de propos passés qualifiés de « racistes, homophobes et misogynes » par l'organisation américaine Women and Hollywood.

Le tapis rouge est prêt, le jury s'apprête à débarquer et les premiers festivaliers déambulent déjà autour de la Croisette: le 72e Festival de Cannes fait déjà son cinéma, sous le soleil.

Sur l'immense affiche déployée au fronton du Palais des festivals, Agnès Varda est là, l'oeil rivé sur la caméra, guettant l'arrivée de la pléiade de vedettes qui vont monter les « marches de la gloire ».

Mais c'est Alain Delon qui a fait parler les festivaliers arrivés en éclaireurs, accusé par l'organisation américaine Women and Hollywood de propos « racistes, homophobes et misogynes ».

Dénonçant une « police politique », Thierry Frémaux a défendu l'acteur, qui doit recevoir une palme d'honneur: « Alain Delon a le droit de penser ce qu'il pense », a insisté le délégué général du festival, estimant « compliqué de juger avec les lunettes d'aujourd'hui des choses qui se sont passées et dites il y a quelques années ».

Une pétition demande par ailleurs qu’une personne ayant tenu des propos de cette nature ne puisse pas être récompensée dans un tel festival. « Connu pour souvent prendre la parole publiquement, il a clamé que les couples gais ne devraient pas avoir le droit d’avoir ou d’adopter des enfants et qu’il fallait traiter les femmes de manière macho ce qui inclut 'de leur donner des claques'", peut-on lire sur le texte de la pétition. 

Après un 71e festival de Cannes sous le sceau du phénomène #MeToo, lors duquel il avait signé une charte sur la parité hommes-femmes, Thierry Frémaux a également dû défendre sa sélection de films en compétition, avec seulement 4 réalisatrices en course sur 21 films au total: « Il ne faut pas mélanger ce voeu de parité avec la question de la sélection. (...) Il serait irrespectueux de la part de tout festival de sélectionner un film parce qu'il est réalisé par une femme », a-t-il plaidé.