Bangladesh

Huit islamistes accusés du meurtre de deux militants gais

Yannick LeClerc
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Islamistes accusés du meurtre de deux militants gais
Photo prise par © Islamistes accusés du meurtre de deux militants gais

Huit islamistes membres d'une organisation interdite, dont quatre ont été arrêtés, ont été accusés dimanche par les services du contre-terrorisme à Dacca du meurtre en 2016 de deux militants pour la défense des droits de la communauté homosexuelle.

Un responsable de la police bangladaise, Mohibul Islam Khan, a précisé à l'AFP que les huit hommes appartenaient à l'Ansar al Islam, une organisation tenue pour responsable de plusieurs meurtres depuis 2013, dont ceux d'écrivains ouvertement athées ou de membres de minorités religieuses ou encore de personnel responsable de l'aide étrangère.

« Quatre d'entre eux ont été arrêtés et les autres courent toujours », a ajouté ce responsable de la police, selon lequel le groupe des accusés était dirigé par un ancien officier exclu des rangs de l'armée, Syed Ziaul Haque.

Xulhaz Mannan, éditeur du premier magazine du Bangladesh destiné à la communauté homosexuelle et lesbienne, et un autre militant de la cause gaie, Mahbub Tonoy, ont été tués dans un appartement de Dacca en avril 2016 par des hommes non identifiés porteurs de machettes et d'armes.

Al-Qaïda dans le sous-continent indien avait revendiqué le meurtre des deux hommes. Mais pour les responsables de la police bangladaise, ces deux meurtres portent la marque des islamistes locaux et ils écartent l'éventualité de la présence d'un réseau islamiste international dans le pays.

Washington avait condamné le meurtre de Xulhaz Mannan et de Mahbub Tonoy, qui travaillaient pour l'organisation humanitaire américaine USAID.

Les autorités du Bangladesh répriment le militantisme islamiste depuis les attaques de juillet 2016 où des assaillants se réclamant du groupe de l'État islamique (EI) avaient fait irruption dans un café de Dacca, tuant vingt-deux personnes, dont 18 étrangers.

Près d'une centaine d'islamistes appartenant à deux groupes distincts ont été tués lors de raids à travers le pays, selon les forces de sécurité. Des centaines de suspects ont été par ailleurs arrêtés.

Sources : PinkNews, Advocate et AFP