Affaire Julian Assange

La lanceuse d'alerte transgenre Chelsea Manning de nouveau en prison

Yannick LeClerc
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Chelsea Manning
Photo prise par © Chelsea Manning

L'ancienne analyste militaire a été écrouée après une audience devant un tribunal pour avoir refusé de répondre aux questions sur le fondateur de WikiLeaks.

Chelsea Manning est renvoyée en prison. Jeudi soir, un juge fédéral américain a ordonné le renvoi de cette ancienne analyste militaire derrière les barreaux pour « entrave à la bonne marche de la justice ».

Icône des personnes transgenres, Chelsea Manning refuse de répondre aux questions des autorités américaines portant sur Julian Assange, le fondateur de Wikileaks interpellé en avril dernier à l'ambassade d'Équateur de Londres.

À l'issue d'une audience devant un tribunal d'Alexandria, près de Washington, Chelsea Manning a donc « été écrouée », a fait savoir le porte-parole de ses défenseurs, Andrew Stepanian. Le juge Anthony Trenga a ajouté qu'elle serait passible d'une amende de 500 dollars par jour si elle refusait toujours de coopérer après 30 jours en détention, et de 1 000 dollars par jour après 60 jours de prison.

Chelsea Manning a déjà passé sept ans en détention pour avoir transmis à WikiLeaks en 2010 plus de 750 000 documents diplomatiques et militaires, dont la publication avait plongé les États-Unis dans l'embarras. L'ancienne militaire avait déjà été renvoyée en prison le 8 mars après avoir refusé de témoigner devant un grand jury constitué pour enquêter sur Julian Assange, dénonçant une procédure « opaque » et peu démocratique.

Outil-clé de la justice américaine, les grands jurys sont mis en place dans les affaires pénales les plus sérieuses et sont chargés d'enquêter dans la plus grande confidentialité.

Chelsea Manning a été libérée il y a une semaine pour une raison technique : le grand jury qui souhaitait l'entendre arrivait à son terme. Mais un nouveau collectif de citoyens tirés au sort vient d'être constitué pour poursuivre l'enquête.

Jeudi, elle a refusé à nouveau de participer à ses travaux. « Je ne renoncerai pas à mes principes, je préférerais littéralement mourir de faim plutôt que de changer d'avis », a-t-elle déclaré devant le juge Trenga. Celui-ci a rétorqué qu'il n'y avait rien de « déshonorant » à remplir son devoir citoyen.

Sources : L'agence AFP, PinkNews