Aires Libres 2019

La piétonnisation est lancée officiellement

André-Constantin Passiour
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Inauguration AIRES LIBRES 2019
Photo prise par © Richard Traversy

Lundi 13 mai dernier s’est déroulée l’inauguration de la 14e édition de la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine baptisée depuis plusieurs années «Aires Libres» proposée par la Société de développement commercial du Village (SDC). 

On insistait pour mentionner qu’il s’agissait de la 9e et dernière année des fameuses «Boules» de Claude Cormier. On voulait y célébrer, par la même occasion, les 37 ans du Village gai de Montréal. C’est donc en présence de plusieurs dignitaires, à la Galerie Blanc nouvellement redécorée des œuvres de TOILETPAPER, qu’ont assisté aux discours protocolaires. 

L’animation de la conférence de presse et de lancement avait été confiée à  Yannick Brouillette, le nouveau directeur général de la SDC du Village.


© Photo Michel Bazinet

Lors d’une courte allocution, Denis Brossard, le président du conseil d’administration de la SDC du Village, a tenu à souligner que l’élément déclencheur d’Aires Libres et des projets comme celui des Boules ou encore de la Galerie Blanc et la piétonnisation de cette artère qu’est Sainte-Catherine Est. «Je veux remercier Benoît Labonté le maire d’arrondissement de Ville-Marie qui, autrefois, a cru en ce projet fou qu’est la piétonnisation et qui nous a aidés à la mettre en œuvre.»  «[…] Je tiens à remercier Claude Cormier parce qu’il y a un «avant» et un «après» Boules, parce que ce projet a marqué le branding du Village et sa renommée à travers le monde. Nous avons lancé un concours international en vue de choisir la nouvelle installation artistique qui sera présentée sur la rue Sainte-Catherine Est dès mai 2020 […]», a indiqué Denis Brossard. 

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Claude Cormier et Yannick Roberge, sont les architectes paysagistes concepteurs des «Boules Roses» d’abord et des «18 Nuances de Gai» par la suite depuis 2017, créés pour souligner le 35e anniversaire du Village, ce qui fait une période de neuf années en tout qui se termine en 2019. D’où les 180 000 tendues telles une «canopée», pour reprendre l’expression de M. Cormier, au-dessus de la rue Sainte-Catherine.


© Photo Richard Traversy

Robert Beaudry, le conseiller du district de Saint-Jacques et membre du Comité exécutif responsable du développement économique et commercial, de l’habitation ainsi que du design, n’a pas manqué de saluer l’œuvre de Claude Cormier : « […] lorsqu’on mise sur le beau, sur le design, on peut récolter de tels fruits [de la renommée internationale]». Il a parlé de l’appui de l’arrondissement et de la Ville au concours international lancé par la SDC du Village en vue de succéder aux Boules de Cormier. Aires Libres, les Boules, la Galerie Blanc, etc, «ont attirés pas moins de 16 millions de visites en 2016 sur cette artère qu’est Sainte-Catherine», a révélé Robert Beaudry. Mais il faut faire attention, ce ne sont pas 16 millions de «visiteurs», mais bien «visites». Une personne peut ainsi revenir plusieurs fois, il ne s’agit donc pas uniquement de touristes. «Avec le nouveau concours international, Aires Libres prendra un nouveau souffle l’an prochain, nous [l’arrondissement et la Ville] voulons ainsi participer à cette réflexion qui va s’amorcer sur le Village, sur son développement […] et j’invite la population à y participer […]. Notre administration veut mettre du beau, veut mettre du vert dans le Village !», a déclaré le fougueux conseiller municipal.

C’est un Claude Cormier ému qui s’est adressé aux gens rassemblés ce matin-là. «Wow ! Neuf ans sont passés déjà, je n’arrive pas à le croire !», a-t-il lancé. Évidemment, Claude Cormier avec Yannick Roberge se sont dit très heureux de l’effet que les Boules Roses puis multicolores ont eu sur le Village et la ville. «Mais le temps était venu de laisser la place à quelqu’un d’autre, pour se réinventer, pour un projet qui sera dans la même lignée d’audace parce qu’il y a une ouverture dans le Village […]», a-t-il mentionné. Claude Cormier n’a pas manqué de souligner l’apport du regretté professeur de l’UQAM, Frédéric Metz, et ses judicieux conseils. «Frédéric Metz avait entièrement raison lorsqu’il disait de ne pas changer de projet chaque année pour établir un branding dans le Village !»

Pierpaolo Ferrari, l’un des deux membres avec Maurizio Cattelan de TOILETPAPER qui expose ses œuvres à la Galerie Blanc, jusqu’en 2020 a pris la parole brièvement pour parler de leur exposition.  «Merci pour cet accueil si chaleureux ! C’est une chance incroyable pour nous que d’exposer ici en public. Il y a peu de place dans le monde qui accepterait d’exposer nos œuvres et ce, sans frais, et que ce ne soit pas dans un musée ou d’autres lieux d’exposition d’art contemporain. Et surtout lorsqu’on a appris qu’il y a 16 millions de visites, c’est extraordinaire. Notre exposition est une discussion avec le public, un dialogue. J’espère d’ailleurs revenir ici sous peu», a souligné l’artiste Pierpaolo Ferrari.


© Photo Richard Traversy

Fondé par Alexandre Berthiaume et Nicolas Denicourt, Blanc est un concept de galerie à ciel ouvert qui propose une expérience d’exposition en plein air unique à Montréal. Accessible en tout temps, 7 jours sur sept, Blanc a pour mission de faciliter les rencontres entre l’art et le public. 

Jean Gagnon, vice-président à la Brasserie Labatt et porte-parole de l’entreprise, s’est aussi adressé au public présent. Les élus Sophie Mauzerolle, conseillère de Ville-Marie, et Richard Ryan, conseiller du Mile-End et conseiller désigné pour Ville-Marie, étaient aussi présents de même que Philippe Schnobb, le président du conseil d’administration de la STM. 


© Photo Richard Traversy

«2019 marque le 50e anniversaire de la décriminalisation de l’homosexualité au Canada. Même si beaucoup de chemin a été parcouru, il faut maintenir le dynamisme du Village de Montréal, car il demeure un carrefour essentiel pour la communauté LGBTQ. Depuis sa création en 2005, la SDC du Village veille à maintenir le positionnement incontournable du Village de Montréal, tant à Montréal qu’à l’international, notamment, en présentant une offre culturelle de pointe […]», a aussi noté Denis Brossard.