Moyen-Orient

Grindr bloqué par les autorités libanaises

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Grindr

Le Liban censure l'accès à l'application de rencontres gay Grindr depuis quelques jours. Les militants LGBT considèrent cette interdiction comme une mesure de diversion du gouvernement qui est confronté à des problèmes sociaux.

L’application de rencontres gaies Grindr est interdite au Liban depuis vendredi dernier par le ministère libanais des Télécommunications selon le journal "Daily Star".

Les fournisseurs Internet auraient reçu un ordre pour bloquer l'accès à Grindr.com et les adresses IP associées.

Au cours du week-end, la société de télécommunications publique Ogero a informé ses utilisateurs de l'interdiction. Toutefois, selon l'organisation non gouvernementale Smex, qui œuvre pour un Internet gratuit, certains fournisseurs n'ont pas encore mis en œuvre l'interdiction.

Les raisons de cette décision n'ont pas été précisées par le ministère, mais les activistes LGBT estiment que le gouvernement cible les groupes de minorités sexuelles et de genre à travers cette interdiction.

Ils se sont dit scandalisés: "Il ne s'agit pas d'un incident isolé, mais d'un élément d'une campagne et d'une stratégie plus vastes visant à restreindre la liberté de la communauté LGBT", a déclaré Tarek Zeidan de l'organisation LGBT Helem.

Le militant a ajouté que les homosexuels et les transgenres sont utilisés par les dirigeants du pays comme bouc émissaires pour détourner l'attention des citoyen des problèmes sociaux que traverse le pays.

"L'interdiction est entrée en vigueur au moment même où le gouvernement a mis en place des mesures d'austérité impopulaires", a-t-il souligné.

La population du Liban multiconfessionnel, forte de six millions de personnes - un peu plus de la moitié des musulmans et environ 40% de chrétiens - est majoritairement homophobe. Selon des sondages, 70% estiment que l'homosexualité est "contre nature". 

 

Néanmoins, le pays est relativement libéral par rapport aux autres États de la région. L'année dernière, par exemple, un tribunal a jugé que les relations homosexuelles ne constituaient pas une infraction pénale.