Homophobie :

Une deuxième altercation homophobe en près d’un mois à Toronto

André-Constantin Passiour
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deuxième altercation homophobe

Le coin de Church et Wellesley, au cœur du village gai de la Ville Reine, a encore été la scène d’une engueulade entre un groupe de chrétiens fondamentalistes et des personnes LGBT. Un pasteur a été arrêté.

Cela se passe mardi 4 juin aux alentours de 18h, alors qu’un groupe de personnes se rassemble sur ce coin de rue avec un mégaphone. Cette troupe est dirigée par le pasteur David Lynn qui dit vouloir «sortir du placard» en tant que «chrétien» et demande aux passants, majoritairement LGBT, s’ils voudraient bien l’accepter et le «tolérer». Bref, il utilise des termes employés couramment par la communauté LGBT (l’acceptation, la tolérance, etc.).

Au début, les piétons ne lui prêtent pas attention. Mais lorsque M. Lynn s’approche de certaines personnes, celles-ci lui demandent de les laisser tranquilles. À ce point, le pasteur David Lynn commence à les traiter de «bigots», tel que le rapporte le site de nouvelles cp24.com.  Cela fini par attirer une foule plus considérable et des tensions surviennent entre le groupe de prêcheurs et les résidents du secteur. Lorsque certains disent aux pasteur qu’il les dérangent par ses propos, il les traitent «d’être haineux» à son égard. 

La police est vite appelée sur les lieux. Le pasteur David Lynn sera arrêté éventuellement pour avoir déranger la paix. Les deux heures qu’ont duré l’incident ont été filmés et mis en ligne par la suite.

«Nos inspecteurs de la section des crimes haineux vont entreprendre une enquête plus approfondie et revoir [la vidéo] afin de déterminer si d’autres accusations pourraient être portées, a déclaré aux médias le commandant Jim Gotell de la police de Toronto. Nous demandons aux gens qui auraient à leur tour filmé [l’incident] de nous faire parvenir leurs vidéos afin que cela puisse servir à l’enquête.»

Les membres du groupe chrétiens ont niés que leurs propos étaient haineux envers qui que ce soit. «Nous voulons rassurer les membres de la communauté [LGBT] que nous prenons tout cela très sérieusement et que nous ferons une investigation des plus formelles là-dessus», a indiqué le commandant Gotell. 

À signaler que cela s’est déroulé le même jour que le drapeau arc-en-ciel a été hissé à l’hôtel de ville de Toronto, marquant ainsi le début du mois de la Fierté dans cette ville. 

Le 1er mai dernier, à peu près au même endroit, un autre petit groupe avait installé une table avec des dépliants dits «haineux» envers la communauté LGBT alors qu’une des personnes vociféraient des remarques anti LGBT dans son microphone disant que les queers et les trans commettaient des péchés. Là encore, des membres de la communauté LGBT se sont attroupé autour du groupe qui distribuaient les dépliants leur demandant de s’en aller. Les dépliants ont été jeté par terre, on a alors tenté de saisir le microphone et il s’en est suivi une bousculade au cours de laquelle deux personnes ont été blessées, dont une transportée à l’hôpital. Dans ce cas-ci, la police avait mis du temps à arriver sur les lieux. Comme la foule s’était dispersée au moment où la police constatait ce qui venait de se produire, il n’y avait pas eu d’arrestation. Une enquête est encore ouverte et la police avait entrepris des discussions, entre autres, avec le Centre communautaire 519 de la communauté LGBT torontoise et avait indiqué que des patrouilles allaient être plus fréquentes dans le quartier.   

 

Sources :   lien1 lien2