Washington

Le retour de la Dyke March de Washington se fait dans la controverse

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Dyke March de Washington

La marche de lesbiennes à Washington voulait mettre l’emphase vendredi dernier les droits des homosexuelles, mais, après douze ans d'absence, la manifestation a été secouée par une controverse en soutien aux Palestiniens liée à l'interdiction de symboles israéliens.

Officiellement, elles protestaient contre l'embourgeoisement de quartiers de la capitale américaine qui force les plus pauvres à partir. Mais les organisatrices de l'évènement, né en 1993 avant de disparaître en 2007, avaient interdit le Drapeau de la fierté juive - aux couleurs de l'arc-en-ciel et frappé de l'étoile de David - « trop ressemblant » au drapeau israélien considéré comme un « symbole nationaliste ».

Le drapeau d'Israël représente « un gouvernement colonialiste, beaucoup de violence contre les Palestiniens », considère Yael Horowitz, l'une des organisatrices. « Il y a d'autres moyens pour exprimer notre judéité, il faut juste faire ce choix en solidarité avec les Palestiniens », a expliqué la jeune femme de 24 ans qui porte une étoile de David autour du cou. « L'important, c'est que les voix de ceux qui sont le plus marginalisés soient entendues et, très souvent, personne n'entend la voix des Palestiniens », a-t-elle ajouté, regrettant un « malentendu qui a pris des proportions énormes ». 

Jonathan Greenblatt, directeur de l'association de lutte contre l'antisémitisme Anti-Defamation League (ADL), avait dénoncé jeudi une interdiction « purement et simplement antisémite ». La Commission juive américaine (AJC) avait pour sa part regretté qu'« en interdisant l'étoile juive, les organisatrices envoient un message de division aux membres de la communauté LGBTQ ».

Vendredi, quelques étendards de la discorde ont été brandis par des militants extérieurs à la Marche, mais la situation n'a pas dégénéré. Cette nouvelle polémique intervient après des déclarations d'élues démocrates musulmanes, accusées d'antisémitisme pour avoir critiqué le soutien sans faille de l'administration de Donald Trump à Israël.

La controverse a aussi entraîné des dissensions internes. L'association National LGBTQ Task Force a suspendu son partenariat, regrettant que cela « détourne l'attention » du problème d’embourgeoisement subi par les minorités.