Val d’Or

La plus grosse Fierté de l’histoire de Val d’Or

Samuel Larochelle
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La plus grosse Fierté  de l’histoire de Val d’Or

Du 17 au 19 mai dernier, Fierté Val d’Or a organisé le plus gros événement LGBTQ2+ de l’histoire de la ville, voire de l’Abitibi-Témiscamingue.

Depuis des années, les organisateurs marchent avec des centaines de personnes dans les rues de la municipalité lors de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. En 2016, un photographe a élaboré une exposition avec plusieurs membres de la communauté LGBTQ2+ régionale, afin de représenter la diversité. «L’exposition s’est tenue à l’hôtel de ville. Les élus embarquent beaucoup dans nos projets. Nous sommes même allés à Montréal pour présenter l’expo au Gala Arc-en-ciel», explique Maryse Ouellet, présidente du comité d’organisation. L’année suivante, un documentaire vidéo a donné la parole aux mêmes participants. Puis, en janvier dernier, l’idée d’un festival est apparue. «Nous sommes membres de Fierté Canada et de Fierté Montréal depuis l’année dernière et ça nous a inspirés! Un de nos membres est allé en Saskatchewan l’automne dernier avec les deux organisations et je l’ai accompagné à Ottawa en février pour assister à la conférence nationale de Fierté Canada. Ça nous a mis dans l’ambiance!»

En seulement quatre mois, ils ont construit une programmation costaude. Le vendredi 17 mai, après la traditionnelle marche où près de 500 personnes étaient attendues (NDLR: cet article a été rédigé avant l’événement), les festivaliers se sont rendus au spectacle de The Karao Kings, un chanteur et animateur barbu en speedo. «En 2018, il a offert une prestation de deux heures et les gens en redemandaient! Cette année, on lui a laissé la soirée au complet!» La journée du samedi a débuté au Parc Dumais avec une journée communautaire réunissant des kiosques de plusieurs groupes, entreprises et artistes de la région, un T-Dance et une lecture du conte pour enfants, avant de se poursuivre avec un spectacle de huit drag-queens montréalaises et deux danseurs animé par Rita Baga devant une salle comble. Le lendemain, un brunch ponctué de 30 minutes de prestation de la célèbre drag-queen a été organisé, avec une allocution de Yannick Brouillette, nouveau directeur général de la Société de développement commercial du Village à Montréal, lui-même originaire de la région.

L’événement a été organisé sous la présidence d’honneur de deux femmes trans, Khate Lessard, une youtubeuse et blogueuse très connue en Abitibi-Témiscamingue, ainsi que Sacha Boucher-Godmer (aussi connue sous son nom de drag Sacha Baga), une Montréalaise ayant grandi en région. «Ce n’est pas un choix conscient que nos deux présidentes soient trans. On les a invitées parce qu’elles sont deux super belles personnalités et qu’elles embarquent dans nos projets avec beaucoup d’enthousiasme.» Année après année, Fierté Val d’Or se veut des plus inclusives. «Nos activités sont vraiment pour tout le monde. Plusieurs familles, qui sont des alliées, viennent avec leurs enfants. C’est une grande fête pour tous, peu importe leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.»

Qui dit grande fête dit aussi grandes dépenses. «On est parti de 0$ en janvier pour financier tout ça. On n’a pas obtenu de subventions parce qu’on n’est pas encore un organisme reconnu au Québec. Heureusement, on a reçu de l’argent de la Ville de Val d’Or, de la Mine Eldorado Gold, de Canadian Tire et du Festival de la famille de Sullivan, en plus d’une vingtaine de commanditaires. Fierté Montréal a aussi payé une partie importante du show de drags et Fierté Canada nous a envoyé plusieurs articles promo...»