Égides – Alliance internationale francophone

ÉGIDES, une première rencontre en juillet à Montréal

Denis-Daniel Boullé
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UNE PREMIÈRE RENCONTRE  À MONTRÉAL EN JUILLET
Photo prise par © Nathalie St-Pierre

Égides – Alliance internationale francophone pour l’égalité et les diversités, lancée très officiellement le 16 mai dernier, est déjà dans l’action avec une rencontre des 17 administrateurs issus de 12 pays, dans les premiers jours de juillet à Montréal. Membership, partenariats, mandats, cibles à atteindre, le Conseil d’administration profitera de ces 4 jours de rencontre pour asseoir sa crédibilité et envisager les premières actions et collaboration.

Lors du lancement, sous la présidence entre autres de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, celle-ci a rappelé que si la discrimination envers les minorités sexuelles était inacceptable, elle l’était aussi à l’internationale. «J’ai beaucoup d’ami.es qui appartiennent à ces communautés, et beaucoup ont vécu de la discrimination, ce qui est inacceptable. Égides est une initiative qui a donc toute sa place et doit prendre de l’importance.» La ministre a tenu encore, en entrevue avec Fugues, à rappeler le travail de sa prédécesseure, Christine St-Pierre, qui a été selon elle, «la bougie d’allumage» de ce projet l’an passé. «Nous sommes dans la continuité d’un travail amorcé depuis plusieurs années. Cela ne fait aucun doute que je porterai cette parole pour les droits des minorités sexuelles dans toutes les rencontres internationales», a continué la ministre. Une manière aussi de rappeler que le gouvernement de la CAQ s’inscrivait dans la continuité des gouvernements précédents, des libéraux comme des péquistes.
 
Enthousiasme, satisfaction, c’est ce que l’on ressentait lors du lancement. Un enthousiasme qui ne se dément pas dans la voix d’Esther-Léa Ledoux, porte-parole de ce tout premier conseil d’administration d’Égides. «Nous avons du pain sur la planche mais c’est très emballant comme projet. On hâte de se retrouver en juillet prochain pendant quatre jours pour la construction finale de l’organisme, lui donner une structure juridique entre autres, et commencer à créer des partenariats, entre autres avec l’Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (ILGA) et se doter d’un membership en vue d’une grande assemblée générale à Montréal en juin 2020». L’année qui a précédé la mise sur pied d’Égides a été un grand tour de piste pour s’assurer de la viabilité de ce réseau LGBTQ international et francophone. Plus de 250 organisations LGBTQ, gouvernements, organisations internationales non gouvernementales et organisations multilatérales, ainsi que 1200 personnes ont été rencontrées et consultées. Les attentes sont donc grandes mais n’effrayent pas les 17 administrateurs d’Égides. C’est à l’UQAM qu’Égides a élu domicile. L’Université se réjouit d’être aux premières loges d’un projet international aussi rassembleur qui œuvre à la protection et la promotion des personnes LGBTQI. 
 
Pour le CA d’Égides, il ne s’agira pas seulement de faire changer des lois mais d’avoir une incidence directe sur le terrain. «14 pays de la Francophonie crimi-nalisent encore l’homosexualité. Nous ne pouvons rester insensible, insiste Esther-Léa Ledoux, mais nous devons aussi œuvrer avec les organismes LGBTQ sur place, et dans d’autres domaines comme la santé ou l’éducation pour un changement des mentalités».
 
Hors de question pour Égides d’exporter des modèles qui ont pu faire leur œuvre dans certains pays, mais bien prendre en compte les réalités différentes et s’appuyer sur les expertises des groupes locaux. «Nous devons échanger, partager, et déterminer les meilleures pratiques en fonction des situations particu-lières de chaque pays. C’est pour cela que le CA est constitué de représentant.es de 12 pays différents pour être au fait de ce qui peut se faire, comment agir, et comment aller chercher du soutien», conclut Esther-Léa Ledoux.
 
Depuis l’annonce de la création d’Égides, les réactions positives se multiplient à l’intérieur de la Francophonie, ce qui démontre clairement qu’il y avait un manque, et de ce fait un besoin. Ce sera à Égides d’y répondre.