Prévention

Pour la COCQ-SIDA, l’opération RADAR est une atteinte à la sécurité des travailleuse·eurs du sexe

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La Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH/sida (COCQ-SIDA) dénonce l’opération « RADAR » mise sur pied par le Service de police de Montréal (SPVM) et lancée le 28 mai dernier. Visant à lutter contre l’« exploitation sexuelle », cette opération alimente selon la COCQ-SIDA «la désolidarisation sociale à l’égard des travailleuse·eurs du sexe, en plus de nuire à leurs droits et à leur sécurité. »

La Coalition va plus loin : «en faisant des employé·es du milieu hôtelier et des services de transport des agent·es de surveillance de l’État, et en ciblant tout particulièrement les lieux de travail du sexe, cette opération crée des conditions de travail dangereuses pour les travailleuse·eurs du sexe de la région métropolitaine.»
 
Établissements hôteliers et services de transport sont habituellement des lieux sécuritaires pour les travailleuse·eurs du sexe. En encourageant les employé·es de ces secteurs à détecter et dénoncer des situations pouvant s’apparenter à de l’exploitation sexuelle (et présumant que ceux-ci et celles-ci sauront correctement identifier ce qui relèverait effectivement de l’exploitation sexuelle ou de la traite humaine, sans nuire aux travailleuse·eurs du sexe), le SPVM renforce sa surveillance des espaces de travail intérieurs, lesquels doivent pourtant être des lieux sécuritaires. «L’opération « RADAR » contraint ainsi les travailleuse·eurs du sexe à travailler dans une plus grande clandestinité et donc, dans un contexte qui représente plus de risques pour leur intégrité physique.»
 
Via communiqué, la COCQ-SIDA réitère qu’elle «rejette toute approche ou pratique qui, comme l’opération « RADAR », confond travail du sexe et exploitation. N’étant basée sur aucune recherche ou donnée probante, cette association fausse le portait des travailleuse·eurs du sexe face à celui des victimes d’exploitation et de traite humaine.» 
 
En demandant aux employé·es des secteurs visés d’être attentif·ives aux « signes à reconnaître pour détecter la traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle », cette opération a le potentiel d’avoir un un impact disproportionné sur les personnes migrantes, racisées ou démunies. «Cela augmente la stigmatisation des travailleuse·eurs du sexe, porte atteinte à leur sécurité et à leur autonomie, en plus rater la cible en ce qui a trait à lutter contre l’exploitation que l’opération prétend viser.»
 
Finalement, dans une perspective de santé sexuelle, de droits humains et d’accès aux soins de santé et aux services sociaux, la COCQ-SIDA réitère «son soutien pour une décriminalisation totale du travail du sexe, car la stigmatisation et les discriminations qui découlent de la criminalisation du travail du sexe nuisent à l’ensemble de ces éléments.»