Du 26 juin au 1er septembre

Zïlon passe l’été à L’Écomusée

Yves Lafontaine
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Zilon

Zïlon se fait connaître dès le début des années 1980 en marquant les murs de la ville de visages en quelques traits d’aérosol. Ses œuvres, désormais montrées à New York, Londres ou Paris, en font un artiste de renommée internationale. Mais c’est comme figure emblématique de l’underground montréalais, que l’expo «Zïlon et le Montréal underground» nous présentera cet été à l’Écomusée du fier Monde, ce rebelle perpétuel qu’on a surnommé le «Cocteau des ruelles». Un rendez-vous à ne pas manquer avec l’art, l’engament social et l’histoire.

À travers l’évolution de l’œuvre de Zïlon, ses collaborations avec plusieurs autres artistes marquants et les divers lieux alternatifs emblématiques qui en ont été témoins, du Village gai au Quartier des Spectacles, Zï?lon et le Montréal underground pose un regard sur la culture underground des années ‘80 qui a eu un impact significatif sur l’essor culturel de Montréal et du Québec qui résonne encore aujourd’hui. Rappelons que l’underground montréalais, qui émerge dès les années ‘70, est caractérisé par l’improvisation et l’art performatif et multidisciplinaire, incorporant musique, danse, théâtre, arts visuels. Plusieurs artistes de ce mouvement, aujourd’hui reconnus, ont largement contribué à la modernisation de la culture du Québec et son rayonnement actuel dans le monde. Artiste fondamentalement multidisciplinaire et fortement ancré dans l’histoire du quartier Centre-Sud, Zïlon en aura été ici un des précurseurs et un des principaux témoins de l’underground montréalais. Inspiré par les mouvements punk et new wave, Zïlon devient une véritable icône en réalisant l’installation ZÏLON means Business dans un bar de Montréal en 1987.
 
Zïlon passe l’été à L’Écomusée
 
À travers des œuvres, des photos, des vidéos, des objets divers, des documents de presse, l’exposition propose au visiteur d’explorer le Montréal underground autour de différentes thématiques: l’évolution de l’œuvre de Zïlon, ses collaborations avec des artistes majeurs de toutes disciplines, les avancées technologiques favorisant la multidisciplinarité, les lieux alterna-tifs emblématiques liés au mouvement underground et, enfin, le Village gai comme lieu de création alternative, revendicatrice et engagée.
 
Cet artiste multidisciplinaire, qui cherche toujours à se réinventer, demeure à l’avant-garde en collaborant avec de nombreux artistes tels que Wajdi Moua-wad, DJ Champion ou Philippe Dubuc. En quarante ans de carrière, il a vu le graffiti, initialement un mode d’expression de la contre-culture, être apprivoisé, puis popularisé. «Nous sommes passés de la subversion à la récupération commerciale», a déjà affirmé celui qui a réalisé des œuvres monumentales pour Givenchy. Jouant des médiums et des technologies, mariant souvent sa musique au processus, les œuvres de Zïlon n’ont cessé de se renouveler au fil des années. Elles sont les mille et un visages de la condition humaine, exprimant la solitude et la détresse, mais aussi l’espoir et le désir d’être aimé. Et l’exposition de cet été nous permettra de le constater.  
 
 
Zïlon et le Montréal underground du 26 juin au 1er septembre 2019,
à l’Écomusée du fier monde, 2050, rue Amherst.