Agence Tux et Guillaume kuckuka

Faire cohabiter contrastes et harmonie

Yves Lafontaine
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Maxime Brouillet
Photo prise par © Maxime Brouillet
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  • Maxime Brouillet
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Niché dans les vallons de l’Estrie, à proximité de la frontière du Vermont, le Chalet Abercorn est le résultat de la volonté de Laurent Guez, designer-associé au sein de l’agence Tux, de développer une expérience d’habitation unique, par une architecture où cohabitent les contrastes et l’harmonie, l’espace et l’intimité.

 
Ce qui depuis la route apparaît comme un modeste chalet contemporain est en fait constitué de quatre vastes modules imbriqués, composés de multiples façades décalées et fenestrées, surplombant une piscine creusée et un garage-atelier. «?L’ensemble rappelle un plan de ferme avec sa cour centrale et ses bâtiments?», explique Laurent Guez. 
 
Maxime BrouilletQuand les contraires s’attirent
Ces contraires s’expriment librement, notamment dans le choix des matériaux : bois, béton, tôle ondulée ou striée, métal industriel. Leur aspect brut habille une architecture qui s’agrandit en une succession de volumes et de perspectives, lui conférant «?une personnalité chaleureuse, un esprit ludique et un supplément d’âme?», ajoute Laurent Guez.
 
Ce stratagème de découverte progressive s’applique aussi aux espaces intérieurs. La disposition des fenêtres, qui permet d’entrevoir l’action entre les modules, l’apport d’une passerelle, la lumière issue des plafonds percés ainsi qu’une quantité minimale de portes intègrent cette approche : «?J’ai voulu créer un lieu de vie spacieux et discret où chaque pièce affirme son caractère et encourage une interconnexion, forte et intuitive.?»
 
Des pièces conventionnelles revisitées 
La chambre principale réserve des surprises : la traversée du walk-in puis celle de la salle de bain mènent à la chambre, un procédé qui repense les codes au profit de l’expérience.Maxime Brouillet
 
Autre exemple de pièces revisitées, les chambres d’amis, espaces de vie non permanents, sont dépourvues de rangements, ce qui privilégie le regard sur l’extérieur. Les portes ne suivent d’ailleurs pas toutes le même code conventionnel quant aux dimensions : l’une refaçonnée à 11 pieds en côtoie une autre, haute de 6 pieds.
 
La cuisine comme terrain de jeu professionnel 
En cuisine, une absence de placards, voulue au profit d’un aménagement autour de deux îlots fonctionnels, tel un espace de restaurant, met en valeur la batterie de cuisine, les livres, les épices et les denrées rangées dans des cagettes de bois. Une composition qui d’emblée appelle au jeu et à l’exploration culinaire. Postée à l’une des extrémités de la résidence, cette cuisine entièrement vitrée encourage, à travers des perspectives soigneusement étudiées, la contemplation de la terrasse, du jardin et, au loin, des vallons. Cette proposition favorise la sensation «?d’être à la fois à l’écart et dans l’action?», fait remarquer Laurent Guez, qui a développé sa vision avec l’architecte Guillaume Kukucka.
 
Inspiration industrielle, hangar et camping
«?Je n’ai jamais vu de projets comme celui-ci!?» Cette phrase, il l’a maintes fois entendue chez ses intervenants et fournisseurs, volontairement choisis dans la région. «?Ils étaient très fiers et motivés de participer à la réalisation de la résidence.?» 
 
«?Pensez à un hangar à cochons!?» leur expliquait-il avec humour, cherchant à les bousculer, à illustrer le côté à la fois rugueux et ludique de la proposition. L’utilisation de revêtements traditionnellement extérieurs pour l’intérieur, comme la tôle ondulée ou profilée, peinte en noire ou en or, vient casser les repères pour donner le sentiment d’être dehors, dans un autre lieu, tout en étant dedans : «?On retrouve ce même effet en camping, où l’on a la sensation d’être intégré à la nature tout en étant protégé.?» Le foyer, lui aussi de dimension et d’esprit industriels, de même que les lavabos et baignoires, provenant de champs ou de brocantes, reprennent ici pleinement vie.  
 
Maxime BrouilletL’orientation nord du terrain et certaines contraintes ont de plus mené à l’optimisation de la disposition du bâtiment et à une orchestration savante de l’ensemble de la fenestration, y compris au plafond, pour favoriser l’entrée de lumière, au gré des heures, des saisons et de la vie à l’intérieur de la maison. «?J’ai analysé le parcours du soleil, puis j’ai également modélisé son reflet sur les murs de tôle. Au fil des heures, la lumière crée des ombres et des effets d’animation intéressants?», révèle-t-il.
 
Camp de base pour de futurs projets  
Inspiré par l’architecture, la fonctionnalité, les romans à suspense, les contes et les dessins de constructions improbables d’Escher, Laurent Guez concilie certes légèreté et humour, rigueur et rationalité. Avec l’équipe de Tux, agence basée à Montréal qui dessert une clientèle américaine et européenne, il envisage d’appliquer les principes et la démarche créative du Chalet Abercorn à des projets de résidences d’exception, d’hôtellerie et de loisirs.
 
«?Cette résidence constitue la somme de mes expériences professionnelles, de mes regards d’enfant, de mes études à l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art de Paris et de mes voyages, où se déployaient des idées simples, mais fortes.?» 
 
plus d’infos : tux.co/fr  |  guillaumekukucka.com